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MÉMOIRES DE PIERRE

ARRAS



Faubourg d’Amiens Cemetery

Localisation : Boulevard du Général de Gaulle, près de la citadelle Vauban


Date d'inauguration : Juillet 1932

Les allemands attaquent Arras en août 1914, et occupent très brièvement la ville à la fin du mois de septembre. Par la suite, malgré les attaques répétées, la ville restera dans les mains des Alliés. Au printemps 1916, les troupes britanniques y remplacent les troupes françaises. Arras a donné son nom aux batailles d’avril-mai 1917 alors que les lignes allemandes de Vimy et sur la Scarpe sont brisées. Le 28 mars 1918, les allemands attaquent la 3ème armée britannique sans succès ; en août et septembre 1918, la 3ème armée brise la ligne Hindenburgh.

Le cimetière d’Arras, situé à l’est de la ville, restera sous le feu des combats durant toute la guerre. On enterre alors des civils dans le cimetière militaire français ouvert dans le faubourg ouest (770 soldats y étaient enterrés, aujourd’hui déplacés). A proximité, on ouvrit un cimetière anglais utilisé de mars 1916 à novembre 1918 par les ambulances de campagne et les unités combattantes. Il sera agrandi après l’Armistice, par le regroupement de tombes provenant des champs de bataille d’Arras et de deux petits cimetières. Situé près de la Citadelle, il occupe aujourd'hui 1 ha 49 a 32 ca.

2 689 tombes : - 1914-1918 : 2 681 tombes dont  2 398 britanniques, 153 canadiens, 60 sud(africains, 28 allemands
                        - 1939-1945 : 8 tombes.

Célébrité mentionnée sur le mémorial au Royal Flying Corps (sur lequel figurent 1 021 noms) : Major Edward Mannock, l’as des as de l’aviation britannique (73 victoires aériennes).

Mémorial : 35 928 noms de disparus du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud y sont inscrit



Arras - Monument aux aviateurs britanniques disparus
Le monument aux aviateurs britanniques
Arras - Monument Royal Flying Corps
Extrait du journal Le Réveil du Nord du 25 mars 1932 :

Le dimanche 15 mai, Lord Trenchard, maréchal des forces royales aériennes britanniques procédera à l’inauguration officielle du mémorial d’Arras du cimetière britannique du faubourg d’Amiens, en présence de plusieurs généraux anglais, du général Sir Fabian Ware, vice-président et du personnel supérieur de la Commission impériale des sépultures militaires britanniques et de nombreuses personnalités françaises, civiles et militaires.

La cérémonie, comme celles précédentes, sera extrêmement simple. Après des sonneries réglementaires de clairons, des psaumes et des prières, des discours seront prononcés. Les hymnes nationaux anglais et français seront exécutés, puis le dépôt de couronnes et de gerbes et la visite du mémorial clôtureront cette manifestation du souvenir et de la reconnaissance.

Le mémorial du cimetière du faubourg d’Amiens est élevé pour honorer les officiers et les hommes de troupe qui n’ont pas de sépultures connues. Il porte les noms de ces héros inconnus qui sont tombés dans la région de Loos-en-Gohelle, cette commune excluse, et sur les champs de bataille qui s’étendent jusqu’à Berles-au-Bois, du printemps 1916 à la veille de la Victoire. Les combats les plus importantes durant cette période sont l’offensive britannique du printemps 1917 et l’attaque allemande de l’année suivante.

Ce monument porte donc les noms de soldats du Royaume-Uni, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud. Les morts appartenant aux autres dominions ont leurs noms inscrits soit au monument canadien de Vimy, soit au monument australien de Villers-Bretonneux ou au monument de la Nouvelle-Zélande à Beaumont-Hamel.

Le monument du cimetière du faubourg d’Amiens comporte également un monument spécial commémorant l’héroïsme des aviateurs qui n’ont pas de sépultures connues appartenant au Royal Naval Air Service, au Royal Flying Corps et au Royal Air Force, qui sont tombés sur le front Ouest.

Nous n’entreprendrons pas de décrire les différentes périodes de la bataille d’Arras de 1916-1917 ; celle du 9 au 14 avril 1917, crête de Vimy et la Scarpe ; celle de la Scarpe et Arleux des 23 avril et 4 mai ; la bataille de Bullecourt du 3 au 17 mai ; celle de mai 1917 et février 1918 de Loos et Cambrai, et de rappeler l’offensive allemande de Picardie qui fut arrêtée grâce au courage des forces britanniques, durant laquelle, outre les morts identifiés, plus de 35000 britanniques furent portés disparus.

Sur ces près de 35000 inconnus, plus d’un millier appartiennent à l’aviation.
Un monument spécial leur a donc été élevé dans une partie du mémorial.
Le monument [Mémorial] qui est érigé dans le cimetière contenant 2652 tombes connues, est haut de 25 pieds et long de 380 pieds. Il est construit en pierres et des colonnades doriques font face au cimetière. Sur dix panneaux en pierre sont inscrits les noms des 35942 inconnus. Sur ceux-ci, il y a 1018 aviateurs dont 47 Canadiens, 26 Australiens, deux Zélandais et un ingénieur, un Sud-Africains et six Hindous.

La Royal Air Force a 394 aviateurs inconnus, le Royal Flying Corps 499 et le Royal Naval Air Service : 41.
Les régiments du Royaume-Uni qui ont perdu le plus d’hommes sont : Royal Fusiliers : 1423 inconnus ; le Northumberland Fusiliers : 1379 ; le West Yorkshire Régiment : 1132 ; et le Middlesex Régiment : 1000.

Le livre d’or du mémorial contient les noms des 35902 tués, quelques-uns ayant été identifiés depuis que les noms sont gravés dans le marbre.


Le réveil du Nord rapporte l’inauguration du mémorial britannique d’Arras dans son édition du lundi 1er août 1932

Le mémorial britannique a été inauguré hier, dimanche, à Arras, au cours d’une émouvante manifestation d’amitié entre les deux peuples

Dimanche à Arras s’est déroulée dans la capitale de l’Artois, la cérémonie d’inauguration du mémorial érigé par la commission impériale des sépultures militaires britanniques, en l’honneur des 34921 soldats de l’empire britannique qui sont tombés dans la région d’Arras, de 1916 à 1918, et des 1021 officiers, sous-officiers et soldats de l’aviation britannique, qui ont péri sur le front de l’ouest, et qui n’ont pas de sépulture connue.
Cette cérémonie, selon l’ordonnance anglaise, fut empreinte d’une gravité profonde et du recueillement le plus ému. Le matin, sous un ciel couvert, M D. Delansorne, maire d’Arras, les adjoints Dozias, Monory, et le conseil municipal, reçurent Lord Trenchard, maréchal de l’aviation royale anglaise.
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Les personnalités
Parmi les personnalités qui se trouvaient groupées dans l’enceinte du monument aux morts érigé place Foch, nous avons noté du côté britannique : M. le colonel Vanier, représentant le Canada ; Trumble, représentant l’Australie ; le colonel Lascelle, représentant la Nouvelle-Zélande ; Klerck, représentant le Sud-Africain ; Davies, représentant Terre-Neuve ; le major général Sir Fabian Ware, vice-président de la compagnie ISM ; l’amiral sir Morgan ; Rudyard Kipling, romancier, etc.
Du côté français, MM. Peytral, préfet du Pas-de-Calais ; le général de Castelnau, vice-président du comité franco-britannique ; l’intendant Vincensini, représentant le ministre des Pensions ; Pelletier, sous-préfet de Montreuil ; Veveaud, secrétaire général du cabinet du préfet ; le colonel Herbillon du 3e génie ; le capitaine de gendarmerie Valogne ; Pottier, président de l’union des anciens combattants ; le député de Diesbach ; Auléry, chef de zone du ministère des Pensions ; Lefebvre, chef de secteur de l’état civil ; Rossé, commissaire spécial ; Mortaux, commissaire de police, etc.
La musique anglaise de l’aviation, dont la tenue fut impeccable, assistait à cette imposante cérémonie.
Le carillon du beffroi égrena des notes harmonieuses, puis M. Delansorne, maire, prononça une émouvante allocution et termina ainsi : « le monument que vous allez inaugurer symbolisera l’association et l’amitié étroite qui unissent la France et l’Angleterre, association et amitié sans lesquelles la paix, objet de nos aspirations communes, ne peut être réalisée dans le monde.
Lord Trenchard répondit en anglais au maire et l’assura de toute sa reconnaissance, puis il alla déposer une superbe couronne au pied du monument aux morts d’Arras.
La musique britannique exécuta la Marseillaise, écoutée, chapeau bas par la foule immense entourant le monument. M. Roy, ambassadeur du Canada à Paris, descendit du rapide de Paris aussitôt après la cérémonie.
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La cérémonie officielle
Le mémorial britannique du faubourg d’Amiens reçut vers 14 heures les personnalités auxquelles il faut ajouter MM. Le général Barrés, de l’état-major général de l’Air ; Verrier, inspecteur général des Beaux-Arts ; délégué du ministre de l’Education Nationale ; Mgr Dutoit, évêque d’Arras ; le vicaire général Maréchal ; le général Faucheux, réprésentant le général Pétain ; Deeble, consul anglais à Lille ; Dejean de la Batie, procureur de la République ; le docteur Brassart, de Paris ; conseillers généraux, etc.
Autour du mémorial avait pris place les diverses associations d’anciens combattants. A l’éclatante blancheur du monument se mêlait la forêt multicolore des emblèmes des drapeaux tricolores des associations d’anciens combattants français, ceux de la British Légion et des Polonais.
Les clairons du 3e génie sonnent aux champs, les drapeaux s’inclinent, le général Trenchard passe en revue la compagnie du 3e génie. Il est suivi de M. le préfet du Pas-de-Calais. Il salue le drapeau du régiment et prend place au milieu des officiels. A 15 heures exactement, la cérémonie commence. Le révérend J.R. Walkey, chapelain du Royal Air Force prononce l’invocation, puis la musique exécute un hymne que la foule chante en chœur. L’instant est émouvant. Le général Sir Fabian Ware, vice-président de la commission impériale prononça une magnifique allocution, dont nous extrayons ce passage : «  avant d’inviter M. le maréchal à dévoiler ce monument, je tiens à dire quelques mots à nos amis français, qui sont venus en si grand nombre témoigner encore une fois leur sympathie et leur affection à nos morts. Je veux simplement leur exposer le but que nous nous sommes fixé en élevant ce monument commémoratif à ceux des nôtres qui sont tombés aux environs d’Arras. Ce monument est un des dix-sept qui jalonnent notre ancien front, de la mer du Nord jusqu’à la Marne, et que nous avons construit pour commémorer les noms de nos disparus et pour immortaliser le nom des batailles que nos armes ont livrées sur ce front ». Puis il termina : « au nom de la commission impériale des tombes britanniques qui représente tous les gouvernements et les peuples de l’empire britannique, et qui ont érigé ce monument, je vous prie M. le maréchal de le dévoiler. »
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Pour le règne de la paix
M. le préfet du Pas-de-Calais prit ensuite la parole, au nom du gouvernement et du département, et rendit un suprême hommage aux 40000 soldats anonymes de la vaillante armée anglaise. Il associa aux 165000 britanniques qui reposent dans 295 cimetières, les 200000 français de Lorette, la Targette, unis avec eux dans la mort comme dans la gloire.
Puis dans une généreuse pensée, M. Peytral conclut en ces termes : « la fraternité de nos armes pour défendre la liberté et le droit devenu la fraternité de nos deuils, ne comporte-t-elle pas une féconde leçon, dans l’apaisement général, que nos hommes d’Etat nous préparent, cette fraternité doit s’étendre à tous les peuples. Rien ne peut plus efficacement contribuer à établir le règne de la paix que l’accord de nos deux grandes nations, dont l’amitié trouve sa force toujours plus vivifiante sur ce sol imprégné de votre sang, couvert de vos tombes et de vos monuments témoins de vos sacrifices ».
Les clairons sonnèrent le Last Post, puis trois écossais tirèrent de leurs cornemuses des airs de lamentation. Une escadrille militaire survola le monument à cet instant vraiment émouvant.
Ce fut ensuite le dépôt des couronnes et des gerbes (..). A 17 heures, la musique anglaise donna concert aux kiosques des Allées et obtint un succès enthousiaste. M. Delansorne, maire, au nom de la ville, remit une gerbe au chef de cette excellente phalange d’artistes. Puis la musique fut reçue à l’hôtel de ville. Le général de Castelnau a quitté Arras pour se rendre au cimetière de Maroeuil où repose l’un de ses fils. La cérémonie britannique a causé une impression de grandeur dont on conservera longtemps le souvenir dans la belle ville d’Arras.







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