Monument
à la IXe division écossaise tombés
en Artois et en Flandres
ou Monument du Point-du-Jour
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Conflit commémoré
: 1914-1918
Monument inauguré le 9 avril
1922 (précisément 5 années après la prise de
la position par la 34e division). Point-du-Jour était une
maison, au nord du village, sur la route de Gavrelle, qui avait était
transformée en redoute par les Allemands, capturée la 9 avril
1917 par la 34e division. Le monument mesure environ 10 mètres
de hauteur sur 28 mètres de circonférence ; c'est la reproduction
fidèle du cairn érigé en Ecosse sur le champ
de bataille de Culloden [où le dernier des Stuarts, à la tête
de 6000 Ecossais, Irlandais et volontaires Français, fut mis en déroute
par les 10000 Anglais du duc de Cumberland], comme lui, il est formé
de blocs bruts superposés et était surmonté d'une terrasse
sur laquelle des genêts et des bruyères d'Ecosse avait été
plantés. Les noms des batailles livrées par la 9e
division y sont gravés. Placé sur la route d'Arras à
Douai, il se situe sur un point dominant qui a été le théâtre
des luttes les plus furieuses durant la Grande Guerre.
Le monument "résista" au doublement en 2x2 voies de la route nationale
50, mais ce n'était que partie remise. Le monument a été
déplacé en septembre 2006 en raison de l'aménagement
de la zone d'activité Actiparc, il se trouve désormais près
du cimetière militaire du Point-du-Jour, de l'autre côté
de la route.
Dimanche 9 avril 1922, inauguration
du monument à la IXe division écossaise
(Sources : Le Beffroi d'Arras, 20 avril 1922)
Voici comment le journal
le Beffroi d'Arras rapporta l'inauguration
du monument écossais dans son édition du jeudi 13 avril 1922
:
Dimanche dernier, 9 avril, cinquième
anniversaire de l’offensive britannique qui a dégagé Arras,
à deux heures et demie, a été inauguré le monument
élevé par l’Ecosse au Point-du-Jour, sur le territoire d’Athies,
à la mémoire des soldats de la IXe division écossaise
tombés au cours de cette offensive libératrice.
(…)
Arras qui a gardé un bon souvenir de ces troupes remarquablement
braves, a répondu à l’appel du comité britannique. Plusieurs
milliers de personnes, maintenues à bonne distance par la gendarmerie
d’Arras, entourent le monument. De très nombreuses délégations
de combattants sont là.
Deux cent mètres avant le monument, le pasteur Williamson, chapelain
principal des armées, prend la tête du cortège. Son
uniforme kaki est recouvert d’une ample robe noire à bordure rouge.
Au pied du monument attendent le lieutenant général Sir William
Furse qui dirigea l’offensive, accompagné du major Tudor.
Les officiers écossais des 26 régiments ayant composé
la division portant des couronnes de palmes et de lierre, se rangent au
bord de la route. Derrière eux, une compagnie du 3e génie
et une compagnie du 33e de ligne font la haie. Sept bag-pipers,
dans leur riche et original costume national jouent de la cornemuse sur
le passage des autorités françaises : généraux
Huguenot et Giralt, MM. Delatouche, conseiller de préfecture ; Leroy,
maire d’Arras ; Doutremépouich, Marc Scailliérez, abbé
Foulon, M. le curé de Feuchy, etc.
Le chapelain lit les prières au milieu d’un silence impressionnant,
puis le voile, fait de drapeaux écossais, anglais et français,
tombe et apparaît l’inscription en anglais : « Souvenir
à l’honneur de la IXe division écossaise qui a
combattu en France et en Flandre de 1915 à 1918 » .
Sir Furse fait longuement en anglais, pour ses soldats, l’historique
de la campagne, puis, se tournant vers les autorités, il remercie
en français, dit sa joie particulière de voir si bien représentés
ses camarades de l’armée française. « Nous laissons
ce monument en des mains qui le soigneront fidèlement et tendrement.
Il confirmera les sentiments affectueux qui ont toujours existé
entre la France et l’Ecosse. Nous le confions aux habitants d’Arras.
»
La musique du 33e joue le God save the king et la Marseillaise.
M. Leroy répond que le sang versé en commun sur les champs
de bataille a cimenté indestructiblement la fraternité franco-anglaise
; M. Doutremépuich rappelle que lorsqu’en 1917 Arras entendit les
cornemuses, il n’eut qu’un cri : les Ecossais sont là : ils ne
passeront pas [les Allemands]. Ils ne sont
pas passés. Ne perdons jamais de vue que nous avons à nos côtés
un envahisseur qui ne nous laissera en paix que tant que nous serons les
plus forts. Que tous ceux qui ont souffert et souffrent encore se rappellent
toujours ; que nos jeunes soldats, dignes de leurs aînés, soient
toujours prêts à crier : Halte-là, on ne passera pas.
Ce monument restera l’impressionnant témoignage de l’alliance qui
a sauvé la civilisation et rappellera le devoir d’amitié et
le devoir de vigilance aux générations qui viendront".
Deux par deux, les délégués des 26 régiments
apportent leurs couronnes qu’on accroche aux pierres en saillies pendant
que les pipers jouent leur mélopée funèbre.
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