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MÉMOIRES DE PIERRE

CHOCQUES

Monument aux morts



monument aux morts de Chocques
détail du monument aux morts de Chocques

Localisation : cimetière communal

Texte de l'épitaphe :


La commune de Chocques à ses enfants victimes de la guerre
1914-1919

Date d'inauguration : samedi 11 novembre 1922, bénédiction du monument le dimanche 12 novembre 1922

Liste des noms inscrits au monument aux morts (liste incomplète, il manque les noms inscrits sur 3 côtés) :

Capitaine DUPONT Henri
BONINI Henri
BENS Julien
BOUT Julien
BLONDEL Jules
CHAPPE Fidèle
CLERY Paul
CARON Paul
DERANSY Aristide
DIEVAL Jules
DIEVAL Aimé
DEGAND Charles
DUHEM Julien
DUPONT Paul
DELIERS Julien
DUMUR Jules
DUMUR Charles
DEFRANCE Louis
DUMUR Emile
DUMUR Julien
DELERIVE François
DELANNOY Charles
(..)
TAILLY Alfred
1939-1945
Militaires
AUGER Marceau
DAUTRICHE Louis
DEKEYSER Maurice
DUPONT Gustave
GALLET André
GALLET Maurice
PENEZ Gaston
?

Civils
BLONDEL Paulette
DELANNOY Marie
DUBUISSON Francis
?
GRELIN Luce
LEROY Victor
CODRON Daniel
SIMMONS René

Le journal le Petit Béthunois rapporte l’inauguration du monument aux morts de Chocques dans son édition du jeudi 16 novembre 1922 :

Samedi dernier a eu lieu l’inauguration du monument élevé en l’honneur des enfants de la commune mort pour la défense du sol sacré, sous la présidence de M. Stirn, sous-préfet de Béthune.
A 2 heures et demie de l’après-midi, réception à la mairie par la municipalité et le comité d’érection du monument, dont le président est M. Fillette. M. Hechter, maire, président d’honneur du comité, souhaita la bienvenue au sous-préfet qui remercie et félicite chaleureusement le comité. Les sociétés sont ensuite passées en revue par les autorités. Puis, de la mairie, le cortège comprenant toutes les sociétés de Chocques, les sapeurs-pompiers, la fanfare, les sociétés de secours mutuels, les vétérans et mutilés, la Jeanne d’Arc, la Vaillante, la fanfare des Rieux, se rend dans un ordre parfait et suivi de la population de Chocques tout entière, au nouveau cimetière où s’élève sur un emplacement parfaitement choisi, un très beau monument que les habitants de Chocques ont élevé à la mémoire de leurs concitoyens morts pour la France. Les enfants des écoles déposent des couronnes au pied du monument. Après l’exécution de morceaux de musique et de chants, une petite fille et un petit garçon récitent chacun une poésie patriotique. Ensuite, et devant la foule silencieuse et recueillie, le maire prononce un discours d’une très belle tenue où il rappelle le souvenir de ses camarades de combat morts pour la Justice et la Liberté et pour assurer la paix du monde. A son tour, M. le sous-préfet rend hommage, au nom du Gouvernement de la République, aux enfants de Chocques tombés au champ d’honneur et félicite le comité et la vaillante population de Chocques d’avoir si parfaitement organisé cette belle fête d’union patriotique et républicaine dont tous emporteront un souvenir inoubliable.
 La nuit tombe et les guirlandes électriques tricolores dont le monument est entouré s’allument pour illuminer le poilu immortel.

Dans le courrier du Pas-de-Calais du 16 novembre 1922, on lit que le lendemain de l’inauguration on procéda à la bénédiction religieuse du monument :
 (..) Le lendemain matin dimanche, eut lieu la bénédiction du monument sous la présidence de M. le chanoine Guillemant, vicaire général d’Arras. A 10 heures, M. l’abbé Dubois, professeur à Saint-Vaast, célébra le service solennel qui se fit pour tous les soldats de la paroisse décédés aux champs d’honneur. Jamais au dire de tous on ne vit une pareille foule à l’église. Après l’évangile, M. le vicaire général monta en chaire pour exalter avec le talent qu’on lui connaît, le courage de nos soldats et rappeler la noblesse de leur exemple. Il invita surtout les assistants à prier et à faire célébrer le sacrifice de la messe pour leurs glorieux morts. Pendant l’offrande, l’orchestre exécuta avec beaucoup d’expression une marche funèbre. Puis, M. le curé lut au milieu du plus grand recueillement les noms des soldats de Chocques décédés au champ d’honneur. Les quatre soldats qui montaient la garde autour du catafalque, baïonnette au canon répétaient à l’appel de chaque nom : Mort pour la France ! Ce fut impressionnant au-delà de toute expression.
Après l’absoute faite par M. le vicaire général, le cortège s’organisa et se mit en marche pour le cimetière, pendant qu’en avant l’orchestre et la clique exécutaient avec entrain Valmy, le morceau de musique militaire si connu et si apprécié de tous.
Les divers groupes de la paroisse, drapeaux déployés, la Jeanne d’Arc, la Jeunesse catholique, la Ligue patriotique des Françaises, les jeunes filles du patronage, précédaient le clergé. Puis, venaient le conseil paroissial et les assistants, hommes, femmes et jeunes filles, qui étaient accourus en foule pour rendre hommage à nos chers soldats. Au cimetière, par une délicate attention qui fit plaisir à tous, M. le maire avait laissé tout le décorum de la veille. Sur l’estrade placée face au monument montèrent le clergé et plusieurs personnalités. Après que les clairons eurent ouvert les bans, une petite fille, gentiment costumée, Sidonie Gallet, fit un joli compliment pour rendre hommage aux martyrs de la patrie, puis elle déposa une gerbe de fleurs au pied du monument. Le commissaire de la Jeanne d’Arc, Adolphe Delrive, prononça des paroles vibrantes de foi et de patriotisme. La Jeanne d’Arc entonna alors l’Hymne aux morts. Ce fut très beau. M. le curé prit la parole pour dire toute l’émotion qui s’emparait de toutes les âmes à la vue du poilu qui couronne le monument et qui rappelle tout un passé de gloire et de deuil. Il développa cette double idée et demanda en terminant que la bénédiction qui allait rendre sacré le monument rejaillisse sur la commune de Chocques pour y maintenir l’union sacrée, si bien réalisée en cette circonstance solennelle. M. Dupont, le président de la Jeanne d’Arc, commenta en termes heureux les belles paroles de l’Hymne aux morts. M. le vicaire général bénit alors le monument et M. Dubois entonna le De Profundis. Avant de se séparer la musique joua la Marseillaise.



Les autres lieux de mémoire de la commune

      - Chocques Military Cemetery (ruelle au Loups, lieu-dit les Basses Rues, superficie : 6170 m2). Le cimetière contient près de 1800 tombes britanniques et 87 Allemands. Cimetière aménagé par Sir Edwin Lutyens.



Sources :
- Commonwealth war Graves Commission
- Remerciement à Serge Pacheka pour sa contribution photographique
- Liste des noms par Bruno Hanotte, avec mes remerciements
-
Louis Mortreux, les héros de l'oubli, 1952-1962, hommage aux militaires du département du Pas-de-Calais morts au champ d'honneur en Algérie-Tunisie-Maroc
- Site Mémoire des hommes (fichier des morts pour la France)
- Arch. dép. du Pas-de-Calais, 1 W 23333, 49531, 1162 W 78






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Chocques
Liste consolidée
1914-1918
TAILLY Alfred, né le 31/08/1881 à Chocques, soldat de 2e classe au 50e régiment d'infanterie, mort pour la France le 18/07/1918, en Italie, de ses blessures lors de son transport en ambulance à Campo rossignolo, lors d'une offensive Autrichienne sur le Piave

Civils
BLONDEL Paulette-Rose-Céline, née le 15/12/1931 à Chocques, décédée le 28/08/1944 à Béthune des suites de blessures reçues au cours d’un bombardement aérien
DELANNOY Marie
DUBUISSON Francis-Alfred-Léopold, né le 31/10/1941 à Lapugnoy, domicilié à Chocques, décédé le 28/08/1944 à Chocques au cours d’un bombardement aérien anglais vers 20 h. le bombardement a détruit plusieurs maisons de la rue de Gonnehem, faisant six morts (dont Mme Dubuisson née Gigot Alfréda et son fils Francis ; il y avait également Mme Blondel-Grelin et sa fille Paulette, ainsi que Mme Carlier née Dufour Gilberte [mention MPF accordée le 28/07/1966]
Mme BLONDEL-GRELIN Luce-Agnès-Marie-Josèphe et sa fille Paulette, victimes du bombardement du 28 août 1944, vers 20 h, qui toucha la rue de Gonnehem, et fit 6 morts (dont Mme DUBUISSON-GIGOT Alfréda et CARLIER-DUFOUR Gilberte) ; Luce Grelin est née le 26/02/1903 à Gonnehem
LEROY Victor-Jules, né le 03/09/1910 à Lens, domicilié à Chocques, décédé le 05/09/1944 à Saint-Venant fusillé par les allemands. Le lundi 4 septembre vers 18h30, tandis qu’il rentrait chez lui, il a été ramassé par des allemands et emmené à Saint-Venant aux Amuzoires. Dans la nuit, vers 1 heure, on entendit des fusillades près du canal de la Lys, et on retrouva son corps le 10
CODRON Daniel
SIMMONS René

Afrique du Nord (non inscrit sur le monument) :
DELALLEAU Louis-Paul-Désiré-Emile, né le 26 avril 1940 à Chocques (son père était cantonnier au chemin de fer des houillères nationales), brigadier au 8e régiment de hussards 1er escadron, mort des suites d’un accident de la circulation le 28  septembre 1961 dans la région de Bizerte (Tunisie)