Date d'inauguration
: dimanche 21 septembre 1924 (voir plus bas l'article de
presse)
Texte de l'épitaphe :
Festubert
à ses fils morts pour la France
Aux héros britanniques tombés
pour la défense du Droit et de la Liberté
Liste des noms inscrits au monument aux
morts :
voir
liste consolidée
BACQUART Delphin
BAIN Adolphe
BECU Dominique
BITEBIERE Alfred
BOUQUET Jean-Baptiste
BOUQUET Louis
CATELAIN Valentin
CATTIAU Guillaume
CATTIAU Louis
CHARLET Charles
COPIN Anacharsis
COULON Marcel
DELAHAYE Louis
DELEBARRE Emile
DEROUBAIX Germain
DIDIER François
MEURILLON Paul
MICHEZ Jean-Baptiste
MIDY Albert
MONNIEZ François
MORTREUX Adrien |
MORTREUX Henri
RIQUET Edouard
ROBIQUET Cyr
SALOME Clovis
TARGIE Alfred
TERNAUX Christian
VANDELANOTTE Christian
VANDELANOTTE Michel
VAZE Adolphe
DONZE Alcide
DUBOIS Léon
DURLOUICH Charles
DURIEZ Louis
FACHE Emile
FRANCOIS Jean-Baptiste
FRANCOIS Jules
FRANCOIS Quirin
FRANCOIS Edouard
GALLO Elie
GRIBOVALLE Georges
GRIBOVALLE Désiré
|
GUILLUY Théodore
HENNEBELLE Emile
HOCHART Julien
HOCHART Augustin
HOULETTE Jean-Baptiste
HU François
HU Paul
HUGUET Jules
JACQUIN Désiré
JUBIN Marcel
LACHERY Florimond
LANNOYE Alphonse
LANNOYE Henri
LAURENT François
LEDEE Georges
LEFEBVRE Louis
LEROY Justin
LHERMITTE Gilbert
LHERMITTE Amédée
LOISON Désiré
MAILLARD Jule |
Voici comment le journal
l’Avenir de Lens du dimanche 28 septembre
1924 rapporte la journée d’inauguration du monument aux morts
de Festubert
Le dimanche 21 septembre, la commune
de Festubert inaugurait le monument qu’elle a élevé
à ses enfants morts pour la France.
Dès les premières heures, une grande animation
règne dans le village, hier encore amas de ruines, aujourd’hui,
presque restauré. Des arcs de triomphe nombreux et variés
se dressent de toutes parts redisant en inscriptions diverses le devoir
d’honorer ceux qui sont tombés au champ d’honneur.
Mais, 10 heures approchent. A l’appel de la modeste clochette
qui tient lieu de cloche, on se hâte vers l’église provisoire
; les retardataires devront se résigner à rester dehors,
tant l’assistance est nombreuse.
Le conseil municipal au grand complet a pris place dans le
chœur. Aux premiers rangs, nous remarquons le groupe compact des anciens
combattants de la commune, dont le drapeau avec celui des sapeurs-pompiers
(qui sera bénit toute à l’heure par M. l’abbé
Chappe), abrité de ses trois couleurs le cénotaphe élevé
au milieu de l’église.
L’évangile terminé, M. le curé rappelle
les noms des 60 enfants de Festubert tombés au champ d’honneur,
et après avoir félicité M. le maire et son conseil
municipal d’honorer de leur présence ce service solennel dont
ils avaient pris l’initiative invite en quelques mots émus ses
paroissiens à recueilli quelques-unes unes des leçons que
leurs chers défunts leur ont léguées. Les morts
sont les conseillers des vivants, ils ont droit de parler ceux qui sont
morts pour nous, écoutons les, ils nous prêchent l’amour.
ils se sont aimés, sans distinction de classe. Ils n’ont formé
dans la boue des tranchées qu’un cœur et qu’une âme à
leur exemple, pratiquons l’amour et restons unis.
A l’issue de la grand messe chantée avec une réelle
maestria par la chorale des mines de Noeux qu’accompagne son sympathique
curé M. l’abbé Lefebvre, on se rend au monument élevé
sur la grand-place pour procéder à la cérémonie
liturgique de la bénédiction et entendre la belle allocution
de M. l’abbé Chappe, chevalier de la Légion d’honneur,
directeur au grand séminaire.
La cérémonie se termine par l’exécution
d’une cantate Gloire à nos Morts, et la dislocation des groupes
a lieu au pied du monument.
A midi, les personnages officiels arrivaient à la
mairie, où M. Bertin Vincent, maire, entouré de son
conseil, les recevait et leur offrait le vin d’honneur. Un peu plus
tard, M. le maire réunissait à sa table pour le déjeuner
les mêmes personnages, ses collègues et un certain nombre
d’invités.
A 3 heures, M. L. Couhé, député, venu
présider la cérémonie d’inauguration avec M.
Chonion, secrétaire général de la sous-préfecture
de Béthune, fait son entrée dans Festubert. L’automobile
qui le porte avance lentement, et la foule s’écarte respectueusement,
tout en manifestant sa vive sympathie à celui qui fut pendant
la guerre un courageux aviateur et qui représente actuellement
avec tant d’autorité l’arrondissement de Béthune à
la Chambre des députés.
M. Couhé est reçu à la mairie par la
municipalité et les autorités présentes. Le groupe
des personnages officiels se forme aussitôt et se rend au lieu
de rassemblement pour prendre la tête du cortège.
Il est 4 heures quand le défilé s’ébranle.
M. Chonion, secrétaire général de la sous-préfecture
et M. le maire de Festubert ouvrent la marche, suivis de M. Couhé,
député, accompagné de M. Lugeux, adjoint. Puis
MM Larue, conseiller général et Beaumont, conseiller
d’arrondissement, le conseil municipal, M. l’inspecteur primaire,
M. le colonel Goodlad ; M. Génel, maire de Locon ; M. Sénéchal,
maire d’Annequin, etc.
Après le défilé dans toutes les rues
du village, les drapeaux vinrent se ranger au pied du monument, cependant
que les autorités prenaient place sur l’estrade élevée
en face.
* *
Discours de M. Vincent, maire de Festubert
Mesdames, Messieurs,
La commune de Festubert remplit
en ce jour un devoir sacré. Elle a voulu honorer dignement
ses héros qui ont droit à l’admiration et à la
reconnaissance de tous : le souvenir impérissable de nos morts
de la guerre va demeurer graver dans la pierre symbolique comme il est
gravé dans nos cœurs.
Soyez remerciés, vous tous qui avez concouru à
l’érection de ce monument de fraternelle piété
ou qui venez aujourd’hui vous incliner avec nous devant la mémoire
de nos soldats tombés au champ d’honneur.
Qu’il me soit permis de remercier spécialement M.
Couhé, notre député qui vaillant soldat pendant
la guerre se dévoue durant la paix, pour la chose publique
; M. Larue, l’actif conseiller général de notre canton
; M. Beaumont, conseiller d’arrondissement ; M. l’inspecteur primaire
et M. Chonion qui pourra porter à M. le sous-préfet l’hommage
du respect et de la gratitude de tous mes concitoyens. Je remercie nos
dévoués alliés qui sont venus nous apporter leur
marque de sympathie toujours vivante.
Je remercie et félicite toutes les sociétés
qui répondant à notre invitation ont senti revivre
la camaraderie d’hier pour associer en une même solidarité
la gloire des héros disparus et l’union de leurs survivants.
L’idéal des soldats d’hier et le devoir des français d’aujourd’hui
se correspondent.
Hier c’était la patrie à défendre et
ceux que nous honorons en ce jour ont tout fait pour s’acquitter de
leur noble mission, ne regardant ni les dangers, ni les fatigues ; voyant
sereinement la mort en face, ils firent le sacrifice de leur vie pour
que vive la France. Peut-on plus grand amour que de donner sa vie dans
la claire vision de la céleste récompense que Dieu réserve
à ses élus.
Mais la France pouvait leur demander ce sublime courage,
car elle défendait avec son existence, la civilisation du monde
contre le barbare.
Ce monument, chef-d’œuvre dont nous admirons la beauté,
rappellera toutes ces luttes, toutes ces souffrances, toutes ces
agonies qui ont réalisé la revanche de 70, la délivrance
du pays et la grande victoire.
C’est ici que viendrons les épouses, les mères,
frères ou sœurs, redire des noms très chers, et mêler
dans la même pensée, le souvenir qui console et la prière
qui réconforte. C’est ici que viendront les enfants de la
commune, puiser des exemples de vaillance et d’amour de la France
; c’est ici enfin que tous nous viendrons pour chercher la leçon
que nous donnent les morts ; leur grande voix monte jusqu’à
nous : ils veulent des français unis dans la justice et la fraternité
; fort dans la paix et le travail ; ils veulent une France heureuse et
prospère dans le monde ; une France comme ils ont voulu la faire.
Reportons-nous dix années en arrière, septembre
1914 : déjà la grande patrie avait ressenti le premier
choc de l’agresseur ; son sol était foulé, la Marne nous
avait apparu comme une grande lueur et l’espérance victorieuse
exaltait la nation toute entière ; nos soldats étaient là
et leur sacrifice semait sous le sol de France les germes de la victoire.
Encore fallait-il que ce sol prêtât un abri à ces
armées sans nombre qui formaient un rempart vivant aux engins
meurtriers ; et notre village fut choisi comme tant d’autres pour abriter
cette barrière durant 4 ans ; redoutable servitude qui lui valut
sa destruction complète.
Mais telle était l’amour du sol natal que nos concitoyens
ont accompli l’effort qui nous a permis de refaire la cité
et nous pouvons aujourd’hui célébrer la renaissance de
Festubert : maisons, fermes, école, mairie, église sont
restaurés.
Continuons Mesdames, Messieurs, à travailler dans
la concorde, et notre petite patrie aura dans la paix comme dans la
guerre, bien mérité de la grande patrie dont elle partagera
les belles destinées.
M. Couhé, député, s’avança à
la barre et prononça un magnifique discours, dans lequel il
fit passer son âme de soldat, et dont chaque phrase faisait palpiter
les cœurs d’une patriotique émotion.
Discours de M. Couhé, député
Mes chers amis,
La cérémonie de
ce jour n’est pas une fête de plaisir ; elle n’a d’autre but de glorifier
les soldats morts au champ d’honneur et c’est une occasion de parler
d’eux, de rappeler leur héroïsme et de chercher dans les
exemples qu’ils nous ont laissés à dégager notre
tâche d’aujourd’hui.
Oui, mes amis, on a raison de multiplier les fêtes
en leur honneur, de vivre dans leur souvenir, d’apprendre à
nos enfants à vénérer leurs mémoires :
en un mot de ne pas se lasser de leur redire notre éternelle
reconnaissance.
Nous voulons que le culte que nous leur avons voué
leur survive, que toutes les générations qui se lèveront
après nous le continuent et apprennent en passant devant les
monuments que nous élevons partout, les grandes vertus françaises
qui nous ont encore une fois sauvés de la servitude.
En agissant ainsi nous accomplissons un devoir sacré,
car nos morts ont des droits sur nous et, en gens d’honneur, nous
tenons d’acquitter toute notre dette à leur égard.
Ils ont des droits sur nous car ils ont effacé cette
triste marque de vaincus, qui, malgré nous, depuis 50 ans, humiliait
nos fronts ; grâce à eux, nos enfants grandiront dans une
atmosphère de gloire où leurs âmes s’épanouiront
et où leurs qualités se développeront.
Ils ont des droits sur nous, car sans eux nous n’aurions
pas retrouvé ce sol que nous aimons ; même dévasté,
labouré par les obus, réduit en un lamentable chaos,
vous l’avez préféré à toute autre région
de France où cependant la vie vous eûtes été
plus facile.
Oui, vous avez préféré souffrir, lutter
chez vous ; ceux dont les noms sont gravés sur cette pierre
savaient d’ailleurs que vous ne pourriez être heureux ailleurs,
aussi ont-ils donné leur vie pour que ce bonheur vous soit assuré.
Ils ont des droits sur nous, parce qu’en mourant ils ont
offert leur sacrifice pour la France et nous-mêmes. La pensée
qui les a soutenus dans les tranchées, dans les assauts et jusqu’au
moment suprême, c’était la pensée qu’ils nous sauvaient,
qu’ils sauvaient les petits enfants laissés au village et tous
ceux qui viendraient par la suite. C’est enfin la pensée que grâce
à eux la France serait grande et respectée de toutes les
nations.
La grandeur de la France, voilà la principale obligation
qu’ils nous ont laissée en échange de leur sacrifice.
Ecoutez-vous tous qui les avez aimés, qui les avez
vu partir ou les avez vu tomber, écoutez et dites-moi si j’interprète
mal leur dernière volonté, quand de leur part je viens
vous dire ceci : je donne généreusement toute ma jeunesse,
tous mes espoirs d’avenir, toutes mes affections, toute ma vie, mais
en échange il faut que vous fassiez vivre la France, la France
ennoblie par la victoire, mais meurtrie, la France que nous avons débarrassée
de ses plus mortels ennemis, mais que nous avons laissée néanmoins
dans d’immenses difficultés.
Pour les vaincre comme nous avons vaincu l’ennemi, il faut
faire comme nous, et à notre exemple, vouloir l’intérêt
du pays avant l’intérêt personnel ; se dévouer,
se donner sans compter à la cause commune et faire taire toutes
les voix égoïstes qui tentent de se lever en vous. L’heure
du repos n’a pas sonné ; après nous, en union avec nous,
suivez le dur sillon que nous avons tracé et achevez notre œuvre
dans le même esprit de sacrifice et de patriotisme.
Mes amis, vous avez déjà entendu cet appel
et vous avez su y répondre. Vous avez relevé vos ruines
avec une énergie qui n’est pas assez connue de la France et
du monde, mais qui est digne de celle de nos morts et qui fait l’admiration
de tous ceux qui vous voient à l’œuvre.
Vous êtes sorti du chaos et vous avez pu surmonter
d’immenses difficultés parce que vous avez fait taire les discussions
mesquines et oublier les rancunes personnelles au-dessus desquelles
il y a la nouvelle œuvre commune, toute de patriotique reconnaissance
envers ceux qui sont tombés, de résolution et de réconfortante
foi en l’avenir.
Quand a sonné l’heure de
l’épreuve, toute distinction a disparu et il n’est plus resté
que des français, ne l’oubliez pas mes amis, et surtout ne
vous laissez plus entraîner aux disputes d’autrefois. le danger
reste à notre porte ; il est plus que jamais nécessaire
d’entretenir cette belle et inébranlable unité, de la renforcer
même, afin de donner ceux qui ont la lourde tâche de conduire
notre pays vers de menaçants horizons, une sereine confiance dans
nos destinées.
La cérémonie se termina par la cantate France
! France ! et l’exécution de la Marseillaise.
A l’issue de la cérémonie, il y eut de nombreuse visite
au monument et maints bouquets de fleurs furent pieusement déposés
sur le tertre.
Ce monument est dû à un artiste parisien avec
le concours de M. Vayssière, architecte. C’est une belle œuvre
et très émouvante dans sa simplicité. L’embasement
est formé d’un tumulus sur lequel se dresse une statue de femme
dont les traits sont empreints d’une douleur poignante. Ses deux mains
s’appuient sur deux pierres où sont gravés les noms des
martyrs de la patrie.
|
Dans son édition du 28
septembre 1924, le journal la Croix du Pas-de-Calais revient également
sur cette inauguration :
Festubert a honoré dimanche
ses enfants morts au champ d’honneur, par l’inauguration d’un superbe monument
élevé à leur mémoire. La vaillante cité
a tenu également à célébrer sa renaissance
par l’inauguration des écoles et de la mairie. M. Chomion, secrétaire
général de la sous-préfecture, présidait cette
cérémonie.
A 10 heures, dans l’église trop petite pour la circonstance,
les fidèles se rassemblèrent pour entendre la grand’messe
en l’honneur de ses morts. La chorale des mines de Noeux qui était
présente s’est fait entendre. A la sortie, eut lieu la bénédiction
du monument. Vers midi, M. Chomion fut reçu à la mairie par
le maire entouré de son conseil municipal. Puis à 14 heures,
un vin d’honneur fut offert à une vingtaine de sociétés
de musique, de sapeurs-pompiers, de gymnastique, d’anciens combattants
qui avaient tenu à rehausser cette fête de leur présence.
Après la revue traditionnelle, un défilé charma les
habitants de la bourgade toute pavoisée de fausses portes, d’arcs
de triomphe et de bannières. A 16 heures, l’inauguration officielle
du monument aux morts commença par l’appel des vaillants enfants
de la commune tombés durant la grande guerre. Puis M. Chomion et
M. Couhé, député, glorifièrent tour à
tour les héros qui se sacrifièrent pour le droit et la liberté.
Une cantate magistralement exécutée par la chorale des mines
de Noeux et la Marseillaise jouée par plusieurs
sociétés de musique clôturèrent cette première
cérémonie.
Les écoles et la mairie furent ensuite inaugurées et
plusieurs discours prononcés. Les sociétés de musique
réparties en différents quartiers de la commune, clôturèrent
par des concerts cette belle journée.
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Les autres lieux de mémoire
de la commune
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- Monument aux morts de la paroisse
- Brown’s Road Military
Cemetery (1 071 corps 14-18, dont 1 044 britanniques)
(rue des Cuveliers, superficie : 4636 m2). Festubert est
occupé par les britanniques en octobre 1914. Les 23 et 24 novembre
1914, le corps des Indes repousse une attaque allemande. La bataille
de Festubert (15-25 mai 1915) permet de dégager quelques peu
le village. A partir du 9 avril 1918 , le secteur redevient calme. Puis
vinrent les batailles de la Lys, durant lesquelles le village fut protéger
de l’avance allemande par la 55e (West Lancashire) division.
Ce cimetière a été ouvert en octobre 1914, puis utilisé
par les unités combattantes et de secours jusqu’en novembre 1917,
il contenait alors 299 tombes. Après l’Armistice, le cimetière
fut considérablement agrandi par la concentration de petits cimetières
et de tombes isolées. Cimetière conçu par Charles
Holden.
- Post-Office Rifles
Cemetery (400 corps 14-18) (route de Béthune, lieu-dit
le Pont découvert, superficie : 1624 m2).
Ce cimetière a été utilisé d'avril à
juin 1915, avant et après les batailles du pont d'Aubers et de
Festubert. A l'origine, il contenait les corps de 40 soldats dont 38
appartenaient au régiment de Londres (particulièrement
au 8e bataillon). Après l'Armistice, on y regroupa les
tombes de petits cimetières des alentours. Aujourd'Hui, 400 corps
y reposent.
- Le Plantin Cemetery.
Ce cimetière contient les tombes de 43 soldats britanniques (en
particulier de l’OBLI et du 2èmeBlack Watch),
4 canadiens. Cimetière utilisé de décembre 1914
à décembre 1915.
- Festubert Communal
Cemetery. Dans le cimetière communal, on trouve les
tombes d’une dizaine de soldats britanniques tombés durant la
2ème guerre mondiale.
- La salle des fêtes
nommée Southport mémorial Hall
a été construite après la Grande Guerre grâce
aux dons de la ville de Southport. Une plaque rappelle les origines
du bâtiment. A la fin de la première guerre mondiale, Southport
(angleterre) devint marraine du village.
L'Avenir de Lens
du jeudi 18 septembre 1924 rapporte l'inauguration du Memorial Hall
:
Mercredi a eu lieu l’inauguration du
Memorial Hall offert à la ville de Festubert par la ville de Southport.
La municipalité à midi reçut les personnalités
: M. le maire de Southport et son épouse, l’ancien maire et sa
femme, l’intendant général de Southport et un délégué
de l’association France Grande-Bretagne. Des fleurs furent offertes aux
dames pour la municipalité. Un dîner réunit les visiteurs,
le conseil municipal, Mme et M. Vessière, architecte de la commune.
Des discours furent prononcés par M. le maire de Southport et
par M. Vessière qui s’exprima en anglais au nom de la commune de
Festubert.
L’inauguration du monument eut lieu après le banquet. Des
gerbes de fleurs furent ensuite déposées aux cimetières
anglais et français en l’honneur des héros tombés
au champs d’honneur. Nous nous faisons un devoir de reproduire les discours
dont il est parlé plus haut.
* *
Discours de M. le maire de Southport
Comme maire de la ville et commune
de Southport du comté de Lancashire en Angleterre, je viens aujourd’hui
M. le maire, remettre en toute propriété, par votre entremise,
aux habitants de Festubert ce bâtiment élevé par
nous pour qu’ils en usent pour leur plaisir et profit.
Je ne me sens pas tout à fait un étranger parmi
vous, puisque, grâce à l’aide de habitants de Southport,
il m’a été permis le mois dernier de recevoir et d’entretenir
dans notre ville un certain nombre de vos enfants. Quelques uns d’entre
nous et en particulier M. le conseiller Potts ont souffert du délai
apporté à l’érection de ce bâtiment, mais
maintenant que l’édifice est achevé je le regarde avec
quelque fierté, car il ajoute un autre chaînon au lien
forgé entre Festubert et Southport. Festubert vivra toujours
dans la mémoire des habitants de notre ville, car son sol sacré
pour nous, garde les dépouilles mortelles d’un grand nombre de
nos plus braves soldats. Ils se sont battus et ils sont morts pour que
le monde fût plus heureux, or, dans les termes de l’inscription
gravée sur notre monument de la guerre : ils sont morts pour que
nous vivions. Nous ne vivrons que si nous sauvegardons les idéals
pour lesquels ils sont morts : la liberté, la justice, la clémence.
Vivons donc pour prendre part à leur immortalité.
Notre monument porte gravé sur la pierre les noms de 1300
braves qui sont morts pour leur pays, et qui presque tous reposent dans
votre France. Nous remettons leurs tombes à vos soins dévoués,
sûrs que vous les garderez avec amour. Je vous apporte aujourd’hui
deux messages de bonne entente et de souhaits. L’un vous est adressé
par les membres de Southport de la ligue de la Légion britannique
qui ont combattu dans ce secteur, l’autre vient de Lord Derby, ce grand
ambassadeur des Angleterre en France, qui non seulement a tant fait pendant
la grande guerre pour cimenter l’union de nos deux pays, mais qui travaille
aujourd’hui même de tout son pouvoir à produire cette harmonie
qui devrait exister entre l’Angleterre et la France.
Donc, c’est à vous, M. le maire, que je remets cet
édifice et j’espère que pendant de longues années,
il vous rappellera les bons sentiments qui existent entre habitants
de Southport et vos compatriotes. Je ne saurais mieux clore mon allocution
qu’en citant les morts gravés dans ce bâtiment : sur le
camp éternel de la gloire. Ce bâtiment fut élevé
et présenté à la ville de Festubert par la ville
et commune de Southport comme un gage et un souvenir perpétuels
de l’association intime des alliés français et anglais pendant
la grande guerre 1914-1918.
* *
Lettre de l’association de la légion
britannique
Cher M. le maire,
Les pensées de la légion britannique dont plusieurs
membres connaissant à fond chaque pouce de terrain des environs
de Festubert, seront avec vous, quand vous remettrez mercredi au maire
de cette ville le bâtiment que vous leur offrez. Vos souvenirs
se reportent au jour mémorable ou le 7e bataillon du King’s Regiment
Liverpool qui était dans la 55e division eurent à
cet endroit le baptême du feu et où un si grand nombre de
nos camarades ont passé dans la Grand AU-DELÀ, ou portent
encore des cicatrices des blessures qu’ils y ont reçues.
Vos maisons nous ont abrités et maintenant nous aimons
à penser que le bâtiment élevé par nos compatriotes
sera pour vous, non seulement un abri et un lieu de réunion, mais
vous rappellera toujours que quoique Southport soit éloigné
de bien des lieues, ses habitants jamais n’oublieront ni vous ni votre village.
Puis-je M. le maire, vous prier d’apporter aux habitants de Festubert
les bons vœux des membres de la Légion britannique résidant
à Southport et de leur exprimer notre ferme espoir que la paix
reste toujours établie entre nos deux pays et que la main dans
la main, nous marcherons toujours dans la voie du progrès.
* *
Lettre de Lord Derby au maire de Southport
M. le maire,
En vous accusant réception de
votre honorée du 29 août, je tiens à vous affirmer combien
je regrette de ne pouvoir, comme je l’aurais voulu, vous accompagner et être
un des vôtres quand vous, Mme la mairesse et l’ex-maire, M. le conseiller
Potts, inaugureront le Hall que Southport offre aux habitants de Festubert.
Je suis enchanté à la pensée que la ville de Southport
sera ainsi associée à un coin de France où ont lutté
et sont tombés tant de nos fils. Mon opinion sur une entente étroite
entre la France et l’Angleterre est trop connue pour qu’il me soit nécessaire
de répéter ce que j’ai dit à ce sujet. J’ajouterai seulement
que je salue avec joie tout ce qui tend à renforcer le lien qui unit
les deux pays, et l’édifice que vous offrez à votre ville d’adoption
sera pour toujours, je l’espère, une preuve que le sentiment d’amitié
pour la France et largement cultivé dans notre pays.
* *
Discours de M. Vessière
Mesdames, Messieurs, M. le maire de Festubert, Messieurs les membres
du conseil municipal et les habitants de Festubert m’ont demandé
d’exprimer dans votre langue leurs meilleurs sentiments de bienvenue et
leur grande reconnaissance pour le don que vous venez de faire à
la commune de Festubert.
J’ai accepté avec joie cet honneur, témoignage d’amitié
de leur part, et je m’excuse des fautes que mon imparfaite connaissance
de la langue anglaise pourra me faire commettre. Nous remercions spécialement
M. Potts, qui s’est donné personnellement tant de mal pour nous.
L’un de nous manque à cette fête et je suis sûr
que tous ici évoquent son souvenir au moment où je vous
parle, c’est notre défunt président Abel Vittu.
Des premiers rentrés à Festubert après l’armistice,
il a été la cheville ouvrière et l’âme de
la reconstruction. Il a été à la peine, Dieu ne lui
a pas permis d’être à l’honneur, nous adressons tous une pieuse
pensée à sa mémoire.
Dans ce pieux pays de Flandres qui a été pendant
toute l’histoire un terrain de combat, les habitants sont fiers et réfléchis
comme il convient à ceux qui de père en fils ont beaucoup
souffert, beaucoup lutté.
Paysans accoutumés dans un dur climat au travail régulier,
ardu, quotidien de la terre, ils ne sont pas sujet aux enthousiasmes
faciles des méridionaux, ils observent, ils méditent en
silence, mais quand ils ont décidé de donner leur affection,
leur confiance, c’est durable et solide.
La terrible guerre que nous venons de subir aura fait connaître
puis aimer les anglais à nos français du Nord. Certes, dès
les premiers jours aussitôt qu’ils ont vu se ranger l’Angleterre
aux côtés de la France pour la défendre tous les français
ont communié dans l’élan de reconnaissance qui les poussait
vers ce nouvel ami. Mais dans ces départements où vous
avez combattu, dans le Pas-de-Calais, dans le Nord, on a pu vous connaître
et vous apprécier particulièrement.
Il s’est créé ici par 4 ans de vie en commun, par
les services mutuels rendus, un courant de sympathie et d’amitié
définitive, amitié plus vive encore que le sentiment de
reconnaissance qui avait envahi leur cœur aux premiers jours d’août
1914.
Par une pensée pieuse vous avez voulu laisser sur la terre
ou les vôtres sont morts un souvenir d’amitié continue. Vous
avez voulu dire : nous sommes venus à votre aide pour la guerre
mais pour les jours de paix nous avons voulu que s’élève
à Festubert un bâtiment pratique qui vous serve constamment.
Vous aviez pensé tout d’abord à nous offrir une ou
plusieurs maisons d’habitation mais ces maisons, la France nous les
devait, la France qui avait décidé le 17 avril 1919, que
les régions qui n’avaient pas connu la dévastation devaient
solidairement, avec le Nord, reconstruire les foyers détruits.
Les maisons que vous auriez pu nous donner n’auraient donc servi
qu’à quelques privilégiés et vos intentions et
les nôtres étaient que ce don fut pour toute la commune
sans distinctions. D’accord avec vous, nous avons construit la salle que
nous inaugurons aujourd’hui. C’est la salle commune de Festubert, salle
de fête ou salle de réunion, elle sera à tous pour
toutes les circonstances ou les habitants auront besoin de se réunir
ou de se réjouir en commun. C’est quelque chose d’analogue à
ce qu’étaient dans l’origine les anciennes basiliques, les temples,
avant que le sentiment divin n’en vint proscrire les discours laïques.
Ce doit être aussi la salle de secours de la commune.
Nous y avons ménagé de nombreuses portes et fenêtres
dans cette intention. En cas d’incendie d’une ferme, d’une habitation,
les sinistrés chassés de leur logis trouveront là
un abri provisoire ; en cas d’épidémie, de catastrophe,
un hôpital pourra être installé là aussi vite
qu’il sera nécessaire.
Plaise au ciel qu’on ne revoie pas la guerre, mais si ce fléau
devait s’abattre encore sur le pays, cette salle serait certainement convertie
en ambulance le premier jour. Mais écartons vite ce souci de catastrophe
et souhaitons de tout notre cœur que le don de Southport ne serve qu’aux
réunions graves où les habitants discuteront de leurs intérêts
communs ou au joyeuses kermesses ou les paysans viennent chercher dans
les danses du pays une distraction saine en repos des longs et pénibles
travaux champêtres.
Pour arriver à Festubert, vous avez traversé bien
des villes et des villages. En 1919, vous n’avez vu que des ruines, en
1924 vous voyez maintenant l’œuvre de reconstruction très avancée,
presque terminée. Vous pouvez mesurer l’effort immense de la France.
Ce que cous n’avez pas vu, car il aurait fallu être là chaque
jour, c’est l’effort individuel. Chaque paysan a remis patiemment ses champs
en état de culture. Jour après jour, il a débarrassé
la zone rouge des fils barbelés, d’innombrables vestiges, d’engins
de mort qui l’encombraient. Il a redonné à lui-même,
à la terre des ancêtres, à la vieille terre de sa
famille, sa figure aimée.
Les premières années, les champs de blés étaient
encore ondulés comme les vagues de la mer, aujourd’hui ils sont
unis. Le paysan de Festubert peut maintenant travailler son champ tranquille,
et il pense que sans les anglais, sans tous ces braves gens du comté
de Lanes qui sont venus l’aider, sa terre ne serait peut-être plus
à lui, que ses épis mûriraient sous une autorité
étrangère.
A cette pensée, ses yeux s’élèvent vers les
cimetières de vos morts, aux stèles installées,
des blasons de vos comtés et dont beaucoup portent le Only known
by God, seulement connu de Dieu, qui est la si touchante épitaphe
de vos morts inconnus.
Alors se tournant vers le cimetière du village où
reposent ses propres enfants morts pour la France, le paysan de Festubert
sent monter à ses yeux les mêmes larmes pour les deux cimetières
et ses lèvres disent sur les deux tombes également chères,
également glorieuses, la même prière en repos éternel
!
La population gardera la meilleure impression de cette belle cérémonie
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- Plaque commémorative sur la chapelle
de Seez
Le journal le Réveil
du Nord rapporte la cérémonie d’inauguration de la plaque
commémorative de la chapelle de Seez à Festubert dans son
édition du 5 juin 1935 :
Une cérémonie franco-anglaise
à Festubert
Une cérémonie simple mais touchante s’est déroulée
à Festubert. Il s’agissait de l’inauguration de la pose d’une plaque
commémorative sur la chapelle de Seez, située entre les territoires
de Richebourg et de Festubert, pour rappeler l’un des plus marquants épisodes
de la guerre, notamment pour célébrer les premières
batailles livrées contre l’envahisseur par les troupes anglaises sur
la côte d’Aubers.
La première offensive des troupes anglaises eut lieu dans ce
secteur, les 10, 11 et 12 mars 1915 et faillit amener la délivrance
de Lille. Sous cette brusque offensive, les Allemands s’apprêtaient
à évacuer Haubourdin et la région, mais l’arrivée
de troupes de renforts leur permit de maintenir leurs positions.
Quelques mois plus tard, pour appuyer l’offensive déclenchée
par l’armée française dans le secteur de Lorette, les troupes
anglaises repartirent à l’attaque de la côte d’Aubers, le 9
mai 1915.
Un bataillon, le 2e Royal Minoter Fusillers, commandé
par le colonel Victor Ryckard fit montre d’une grande bravoure te d’un magnifique
héroïsme.
Quelques souvenirs de la tourmente
Un épisode émouvant montre que le 2e Royal
Minster Fusillers, composé d’Irlandais et d’Ecossais, tous catholiques,
s’arrêta près de la chapelle de Seez et qu’il reçut
l’absolution suprême du RP Gleeson, avant de partir pour l’attaque.
ce bataillon monta à l’assaut et fut, avec son colonel en tête,
presque totalement décimé. Un peintre Italien, M. Montinia,
fit d’ailleurs une magnifique gravure qui est exposée dans la chapelle
et qui montre l’aûmonier donnant le dernière absolution aux hommes
du bataillon quelques instants avant l’assaut des lignes ennemies.
C’est à l’initiative de M. Jean Descamps, membre de la commission
des monuments historiques de Lille et de M. Depaeuw, d’Aire-sur-la-Lys,
que revient l’idée de la pose de la plaque commémorative sur
la façade de la chapelle pour rappeler cet émouvant fait de
guerre.
A la cérémonie qui fut aussi simple que grandiose assistaient
toute la population et les sociétés d’anciens combattants
de la région et des délégations d’anciens du fameux
bataillon de fusillers anglais. L’abbé Tabary, curé de Richebourg,
apporta la bénédiction, puis une allocution évoqua la
bataille, le courage, la résignation et l’héroïsme des
soldats anglais. M. Robinson, ancien combattant anglais, remercia la foule
et les personnalités présentes au nom des Irlandais et Ecossais
qui combattirent vaillamment dans le secteur. Une chorale se fit entendre
ensuite et la cérémonie prit fin.
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Sources :
- Mairie de Festubert
- Commonwealth War Graves Commission
- Photographie de Thadée Szalamacha, avec mes remerciements
- Site interne Mémoire des Hommes (fichier des morts pour la France)
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