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MÉMOIRES DE PIERRE

LIÉVIN


Monument aux morts


Localisation :
Installé à l'origine rue Jean-Jaurès (sur l'ancien emplacement de la station des tramways), le monument a été déplacé en 1976 rue Defernez ce qui eut pour conséquence de modifier l'apparence du monument : le bas-relief fut séparé de la base du monument.


Texte de l'épitaphe :

Liévin
à ses morts
1914-1918


Sculpteur : André Laoust (médaillé du Salon)


Architecte : Goniaux (architecte à Douai)



Date d'inauguration : 21 octobre 1923 en présence de près de 10.000 personnes






Monument aux morts de Liévin
Voici comment le journal L’Avenir de Lens du jeudi 25 octobre 1923 relate la cérémonie et les discours d’inauguration du monument aux morts de Liévin :

La cérémonie d’inauguration du monument élevé à la mémoire des 745 poilus et des 343 civils tombés pendant la guerre, s’est déroulée dimanche. La ville était parée pour la circonstance.
Un cortège se forma vers 15 heures, auquel participaient plus de 40 sociétés, et parcourut les rues de la ville. En tête venaient le conseil municipal et les membres du comité d’érection.
Le monument est élevé sur l’ancien emplacement  de la station des tramways.
Une foule d’environ 10000 personnes s’est massée autour de l’estrade où les orateurs ont prononcé leur discours.
Aussitôt le voile tombé, la musique entonne la Marseillaise. En remplacement du maire malade, M. Bédart prononce un impressionnant discours au nom de la municipalité. Puis ce fut le tout de Jules Mousseron, poète mineur, qui récita des vers en patois, et de M. Stirn, sous-préfet de Béthune, qui dans un vibrant discours, glorifia l’héroïsme des disparus de Liévin.
Enfin, les enfants des écoles, sous la direction de M. Delangre, donnèrent une ode aux morts.
La cérémonie s’est déroulée sans une note discordante.
Liévin a honoré dignement ses morts.

Liévin monument aux morts

Avril 2005
Liévin détail monument aux morts


Près du monument, un bas-relief représente une femme (allégorie de la Ville de Liévin) et une petite fille regardant les destructions de la guerre, les habitations, les usines et les mines ne sont plus que ruine.  A l'origine, cette plaque était placée sur le socle du monument.

Liévin plaque monument aux morts

En 2005, le conseil municipal de Liévin décide de remplacer le monument aux morts de la commune en faisant réaliser une réplique en bronze dans les ateliers de la fonderie municipale de Mouscron (Belgique). Cette solution présente l'avantage d'offrir un monument qui résiste aux épreuves du temps, au contraire du monument original en pierre souple. Le 21 décembre 2005, le monument aux morts quitta donc la rue Defernez pour la Belgique. Il bénéficia alors d'une restauration (colmatage des trous et fissures), avant d'être enduit d'une matière type "silicone" pour pouvoir passer au moulage. L'opération exigeait 10 mois de travaux, mais ce délai dû être rallongé car la municipalité souhaita le retour du monument pour les commémorations du 8 mai 2006. Toutefois, l'opération de duplication n'étant pas achevée, le monument dû être rapatrié de Belgique jusque Liévin (avec son habillage de silicone), avant de repartir vers les ateliers de Mouscron. La réplique en bronze du monument a été inaugurée le 8 mai 2007. Le monument original pour sa part a été mis à l'abri en attendant de retrouver une place dans un endroit à l'abri des intempéries. 

Liévin, départ du monument aux morts en décembre 2005
Décembre 2005, le monument quitte la place Defernez
pour la fonderie municipal de Mouscron




Liévin, 8 mai 2006
Mai 2006, le monument est de retour pour la cérémonie du 8 mai
Inauguration du monument
Jean-Pierre Kucheida
Député du Pas-de-Calais
Maire de Liévin
lors de l'inauguration du nouveau monument aux morts

Liévin le monument aux morts


Liste des fusillés 1939-1945
BOVÉ Alexandre-Pierre (Né le 27 décembre 1910, exécuté le 1er novembre 1943, à la citadelle d’Arras) né le 27/09/1910 à Avion (fils de Jean Bové et de Gabrielle-Marie Lecas), demeurant à Avion, employé du chemin de fer, mort le 01/11/1943, fusillé par les Allemands à Arras, caserne Turenne, à 16h45, par suite de sa condamnation à mort prononcée le 14/10/1943
FATOUX Paul (Né le 25 mai 1892, exécuté le 14 avril 1942, au fort du Vert-Galant à Verlinghem)
KRUPPA Jean (Né le 17 janvier 1925, exécuté le 28 août 1944, à Le Roleur (Valenciennes))
LEVISSE Edouard (Né le 21 novembre 1912, exécuté le 7 août 1944, au fort de Seclin)
PEDERENCINO Léon (Né le 27 janvier 1910, exécuté le 5 mai 1943, à la citadelle d’Arras)
VERBRAKELE Henri-Joseph (Né le 6 octobre 1912, exécuté le 5 mai 1943, à la citadelle d’Arras)

Morts en Afrique du Nord :
BAUDUIN François, né le 17 septembre 1934, caporal au 31e génie, mort pour la France le 23 juin 1956 à casablanca (Maroc) [pas vu sur mémoires des hommes]
BERNARD Henri-Paul, né le 23 décembre 1938 à Taza (Maroc), célibataire, fils d’Henri bernard (retraité de la gendarmerie), 1ère classe au 3/6e RI, mort pour la France le 16 septembre 1960 à Sidi-Salem (Algérie), des suites de blessures reçues en opération
BIGAND Théophile-Henri, né le 3 avril 1931, maréchal des logis chef au 1/47e régiment d’artillerie, mort pour la France le 11 octobre 1959 (Algérie)
CAMPHIN Michel-Achille, né le 6 novembre 1933, 1ère classe, 16e bataillon de chasseurs à pied, mort pour la France le 25 novembre 1955 à Tizi-Ouzli (Maroc)
DECROIX André-Alfred, né le 29 mars 1938 (son père, Marcel, était retraité des mines), 2e classe au service de transmission 1/30e régiment d’artillerie, mort pour la France le 22 mai 1960 à Tebessa dans la région de Kanguet Bekk département de Bone (Algérie), tué en opération
DELCOURT Michel-Lucien, né le 8 septembre 1933, caporal au 65e bataillon du génie 2e compagnie, mort pour la France le 28 août 1956 à 10h40, à Constantine (Algérie) hôpital Laveran
DELIGNY Marcel, né le 17 août 1940, 2e classe au 12e bataillon d’infanterie de marine, mort le 1er octobre 1960 dans la région d’Oude Talmout commune de Touartatsine département de Titteri (Algérie), décédé des suites de blessures reçues en opération
DERUELLE Charles-Louis, né le 22 mars 1940, mort pour la France le 2 septembre 1961 (Algérie)
JACQMART Claude, né le 7 mai 1933, maréchal des logis au 30e régiment de dragons, mort pour la France le 21 septembre 1959 à l’hôpital militaire de Méchéria département de Tiaret (Algérie), décédé des suites de maladie (ictère)
JUR Joseph, né le 6 mars 1931, caporal chef au 3e régiment parachutiste coloniaux, mort pour la France le 29 mars 1957 aux environs de Sidi Dolatt, commune de Blida (Algérie), tué au combat
KOLACKI Edouard, né le 6 septembre 1932 à Eleu-dit-Leauwette, célibataire, caporal au 3/94e RI, mort pour la France le 14 septembre 1956 à 17h, à Khenchela (Algérie), tué au cours d’une opération de maintien de l’ordre dans la vallée de Ain-Djemri près de Kenchela
LAURENT Albert, né le 9 mars 1940, 2e classe au 34e bataillon du génie, mort le 3 septembre 1961 (accidentellement par arme à feu) [pas vu sur mémoires des hommes]
MOREAU Paul-Louis, né le 17 septembre 1933, 1ère classe  à la 43e demi-brigade d’infanterie, mort pour la France le 11 octobre 1955 à Safi (Maroc)
MROZ François, né le 10 janvier 1936, célibataire, profession : coiffeur ; soldat de 2e classe du 2/7 RI (militaire appelé de la classe 1956), mort pour la France le 23 novembre 1956 (accidentellement par arme à feu) (Algérie)
NOVAK Henri-Joseph, né le 21 mars 1932 à Vendin-le-Vieil, soldat de 1ère classe de la 63e compagnie de QG, mort pour la France le  18 août 1956 à Sidi-belèAbbès, des suites de maladie [pas vu sur mémoires des hommes]
OSINSKI Claude-Hilary, né le 30 mars 1938 à Eleu-dit-Leauwette, sergent d’infanterie au bataillon de Corée, mort pour la France le 1er avril 1960 dans la région de Condesmeddou à El-Milia département de Constantine (Algérie), des suites de blessures reçues en opération
PONTIER Arthur, né le 10 septembre 1933, soldat au 67e bataillon d’infanterie parachutiste, mort pour la France le  24 décembre 1955 à Halloufa (Algérie)
TOMASZEROSKI Antoine (ou TOMASZEWSKI), né le 24 mai 1938, célibataire, 1ère classe au 3/10e régiment d’artillerie de marine, mort dans un accident de la circulation le 1er septembre 1960 à 18h20, à Cherchell (Orléansville) (Algérie)
GALLIANO Stéphane, né le 20 janvier 1934, gendarme à la 10e légion de gendarmerie, mort le 26 janvier 1957 (Algérie)

LAURENT Alfred-Pierre*, né le 15 mai 1919 à Liévin, Mort pour la France, Maître -Radiotélégraphiste volant - Médaillé Militaire à titre posthume par décret du 25 octobre 1950, Croix de Guerre 1939-1945, étoile de Bronze - cité à l'ordre du corps d'armée "A fait preuve de courage et d'endurance au cours de la guerre 1939-1945 en effectuant dans des circonstances souvent périlleuses 407 heures de vol en opérations" - cité à l'ordre de la marine nationale par décision n°287 du 6 septembre 1950 (voir J.O. du 4 novembre 1950) "Excellent gradé radio volant de grande compétence, actif et courageux, 790 heures de vol", tué en service aérien commandé à Inezgane (Maroc) le 17 mai 1950 à 32 ans

Et aussi :
GALESNE Constant-Pierre-Marie (fils de Constant et de Flore Lucas), mineur, né le 23/08/1923 à Grenay, domicilié à Liévin chemin d’Aix, fusillé le 17/07/1944 à la Citadelle d’Arras par suite de sa condamnation à mort du 27/06/1944
BUY Victor, né le 25/08/1926 à Guînes, domicilié à Liévin, décédé le 20/10/1945 à Liévin des suites de mauvais traitement subis et de maladie contractée durant son internement au camp de Dachau (Allemagne)
LAGACHE Léon-Henri, né le 21/12/1899 à Liévin, domicilié à Liévin 7 rue Paul Couture, décédé le 29/04/1945 à Liévin des suites de ses blessures reçues le 23/08/1944 à Avion par mitraillage d’un avion
MARECHAL Pierre, né le 13/02/1882 à Bully-les-Mines, domicilié à Liévin, décédé le 22/05/1940 à Noeux-les-Mines au cours d’un bombardement aérien
POYEZ Gaston, né le 14/05/1896, domicilié à Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise), décédé le 05/02/1944 à l’hôpital des mines à Liévin, agent de la SNCF il a été brûlé mortellement sur sa machine par suite d’un acte de sabotage

Le journal La Croix du Pas-de-Calais rapporte l’inauguration des monuments aux morts (communal et paroissial) de Liévin dans son édition du 26 octobre 1923 :

Dimanche 21 octobre, la ville de Liévin a inauguré son monument aux morts de la guerre. La cérémonie officielle fut présidée par M. le sous-préfet de Béthune et M. Bédart, premier adjoint, le maire étant empêché pour cause de maladie. M. le doyen profita de la circonstance pour bénir de son côté un monument religieux qui doit être placé dans l’église. Le service pour les soldats tombés au champ d’honneur. fut remarquable par la bonne exécution des chants, accompagnés de violons. M. l’abbé Déprez, supérieur de l’institution Saint-Vaast de Béthune, prononça une vibrante allocution  où il fit passer toute son âme d’ancien soldat, et où il insista particulièrement sur les devoirs qui incombent à ceux qui sont restés. Pour que la France ne périsse pas, pour que l’Allemagne ne l’écrase pas de nouveau, il nous faut des enfants, des familles nombreuses, formées dans la virilité et l’énergie chrétiennes, autrement dans peu de temps une nouvelle guerre et, cette fois, l’écrasement.
Le monument religieux, en chêne sculpté, représente un soldat couché, sur le front duquel un ange agenouillé dépose une couronne. Un cadre est aménagé au-dessus de ce sujet pour y recevoir les noms des soldats morts pour la France. L’église provisoire qui est cependant de grandes dimensions, était trop étroite pour contenir la foule qui débordait dans la rue et assista, très recueillie, au service.


Le Journal de Lens rapporte l’inauguration du monument aux morts de Liévin dans son édition du 23 octobre 1923 :

Dimanche a eu lieu à Liévin, au milieu d’une énorme affluence, l’inauguration du beau monument aux victimes civiles et militaires de la Grande Guerre. La population et les nombreux visiteurs ont admiré, à juste titre, l’œuvre remarquable de M. Lahouste (sic) et de MM. Goniaux, architecte à Douai et Delmoitez, à Liévin. Le monument représente un robuste mineur, torse nu, soutenant dans ses bras un soldat mourant. En bas, sur la face principale, un bas-relief montre une femme, la ville de Liévin, regardant renaître de ses ruines la nouvelle cité des mines. C’est là, certainement, un des plus beaux monuments qu’il nous ait été donné d’admirer.
M. Desgréaux, maire de Liévin, et président du comité du monument, ne put, en raison de son état de santé, assister à la cérémonie. Il fut remplacé par ses deux adjoints, entourés des membres de conseil municipal et de tous les membres du comité.
A 14 heures, les adjoints reçurent les sociétés à la mairie et leur offrirent le champagne de bienvenue. Il y avait plus de 40 sociétés.
Vers 15 heures, M. Stirn, sous-préfet de Béthune, arrive. Il est entouré de MM. Bédard, premier adjoint ; Goulet, deuxième adjoint ; les membres du conseil municipal ; MM. Roy, brasseur et Leroy, vice-président ; M. Caron, secrétaire général de la mairie et secrétaire du comité ; M. Leroy, curé-doyen ; M. Aeschieman, pasteur protestant ; les maires de Angres, Souchez, et MM. Morin, Martin, inspecteur divisionnaire de Lens et les personnalités locales.
Après le défilé, M. Bédard souhaita la bienvenue au sous-préfet, représentant le gouvernement et l’ami de tous les sinistrés.
M. Stirn remercia ajoutant que « sur le terrain de la reconnaissance, tous les cœurs se rapprochent et c’est pourquoi il est heureux de voir à côté de républicains, de socialistes, le doyen et le pasteur. Aujourd’hui en effet, ajoute-t-il, c’est la fête du souvenir pour tout le monde. C’est alors l’instant solennel : les drapeaux sont groupés autour du monument ; le voile tombe et toutes les fanfares exécutent la Marseillaise.
*   *
M. Bédard, premier adjoint, présente les excuses de M. Desgréaux et donne lecture du discours suivant que M. le maire devait prononcer si la maladie ne l’avait empêché :

"En élevant ce monument, ce que nous avons voulu c’est matérialiser les sentiments de notre région. C’est rendre tangible aux yeux des générations futures le souvenir des quinze cent mille Français fauchés en pleine jeunesse et nos regrettés compatriotes en particulier, tombés au nom de la Justice, du Droit et de la Liberté. Ce monument parlera à nos enfants. Il sera pour eux une vivante leçon de choses, qui complétera l’histoire apprise à l’école, il leur dira que les sacrifices de la grande guerre ont sauvé les vivants d’aujourd’hui : que c’est grâce à leur dévouement que la France a pu échapper aux plus effroyables dangers qui l’aient jamais menacée, nous permettant d’aspirer à une ère de paix féconde dans le travail et la liberté.
Quant à nous mes chers concitoyens, ces pierres évoqueront constamment à nos yeux l’horrible tragédie : la déclaration de guerre d’août 1914, l’appel de la patrie en danger, le départ unanime de tous les hommes valides, bourgeois, ouvriers, paysans se précipitant vers la frontière pour y faire un rempart de leur poitrine.
Plus de 745 de nos poilus sont restés sur les champs de batailles, plus de 363 civils ont péri victimes des bombardements. La liste trop longue ne me permet pas d’en faire ici l’énumération, mais leurs noms seront inscrits en lettres d’or dans le vestibule de la nouvelle mairie, pour être salués au passage par tous les visiteurs.
Leurs exploits surhumains furent restés vains s’ils n’avaient été largement approvisionnés de matériel pour répondre au déluge de mitraille que leur envoyaient les soldats du despote germanique. Il fallut du charbon en quantité pour la fabrication des engins nécessaires à notre défense. On fit appel aux laborieux mineurs. Ils furent sublimes dans leur dévouement pour la grande cause. Le bassin houiller se trouvait sous les canons ennemis ; les bombardements détruisaient les puits d’extraction et éventraient les toits des cités ouvrières. Les mineurs se rendaient quand même au travail. Menacés chez eux, en danger dans la rue, ils descendaient dans les galeries souterraines, incertains de revoir la lumière du jour pour apporter leur tribut à l’œuvre grandiose de la défense nationale. Ils durent se surmener, intensifiant leur besogne au maximum, et bien des leurs succombèrent à la tâche par suite d’accidents inévitables. Eux aussi sont morts au champ d’honneur et nous leurs devons le même tribut de reconnaissance et d’admiration. Civils soldats, ouvriers mineurs, vous êtes la trinité, martyrs du droit violé. Notre mémoire demeurera impérissable et l’histoire enregistrera votre bravoure."

La place nous manque pour donner in extenso ce magnifique discours. En voici la conclusion :
"Pour célébrer comme il convient cette journée du souvenir et de la reconnaissance de nombreuses bonnes volontés se sont manifestées. J’adresse nos remerciements aux délégués qui sans distinction ont assumé la charge de recueillir les souscriptions. Mes plus sincères remerciements aux souscripteurs, du plus modeste jusqu’au plus aisé. A messieurs des membres du comité d’érection, pour le concours précieux et dévoués qu’ils m’ont prêtés, à mes collègues du conseil municipal, qui, en toutes circonstances, accordèrent leur confiance au maire et enfin aux sociétés houillères pour leur concours moral et pécuniaire.
Merci aussi et au nom du comité, mes plus vives félicitations aux artistes distingués dont le talent s’est affirmé d’une façon si remarquable. A l’ami Mousseron qui a bien voulu dédier à Liévin, l’une de ses œuvres si vivantes. A toutes les sociétés locales et environnantes qui se sont fait représenter à cette cérémonie et les respects de toute la population à M. Stirn, sous-préfet de Béthune, qui nous fit l’honneur de présider cette commémoration."
*   *
Le discours de M. Desgréaux est chaleureusement applaudi. La foule se presse de plus en plus nombreuse autour de l’estrade. Le poète-mineur, M. Mousseron, de Denain, lit une poésie patriotique en patois et des milliers de poitrines l’acclament.
M. Stirn, sous-préfet, vient ensuite et après avoir fait des vœux pour le prompt rétablissement de M. Desgréaux, évoque le souvenir de tout ceux qui sont morts pour la liberté. Il applaudit lui aussi à la poésie de M. Mousseron. Lui aussi rend hommage aux mineurs qui se sont dévoués et il déclare saluer une trinité sainte : les victimes civiles, les mineurs et les poilus. Il est aussi de ceux qui, en bon Français, ne veulent plus de guerre, mais il croit que ceux qui nous ont ruiné doivent payer pour nous indemniser et réparer. En terminant, il dit qu’on ne doit pas oublier c’est la République, qui en élevant sainement les enfants, a forgé l’outil de la victoire.
Après l’exécution de l’Hymne aux morts, par les enfants des écoles, les parents viennent déposer au pied du monument des bouquets et des gerbes de fleurs.
Puis la foule défile devant le monument, tandis que les sociétés parcours les rues avant de se disloquer place Gambetta.
Après les concerts prévus, la ville rentra dans le calme, malgré l’afflux énorme de la population, la municipalité ayant voulu qu’en ce jour de commémoration il n’y eut aucune réjouissance publique.
Le matin avaient eu lieu en présence de nombreux fidèles, des cérémonies religieuses des cultes catholique et protestant.




Les autres lieux de mémoire de la commune

     - Plaques commémoratives (ancienne Mairie)

     - Mémorial national des scouts morts pour la France

     - Plaques aux morts de la paroisse Saint-Martin (1914-1918, 1939-1945)

    - Liévin Communal Cemetery extension. (lieu-dit la Tourelle, superficie : 2296 m2) Cimetière militaire britannique dans l'enceinte du cimetière Est. Cimetière créé le 26 septembre 1918. Le rassemblement des corps des soldats britanniques s'est effectué après la guerre (avant 1928). Après la Grande Guerre, la commune de Liévin comprend trois autres cimetières militaires britanniques qui seront rassemblés dans le cimetière communal suite au voeu de la municipalité (séance municipal du 2 avril 1922) qui ne souhaitait pas voir maintenu ces cimetières car en étant implantés trop près des habitations, ils limitaient l'expansion de la ville (séance municipal du 23 mai 1922).  Par ailleurs, le représentant du Conseil d'hygiène émit un avis défavorable à leur maintien en raison de leur présence au milieu de l'agglomération (enfin, et il faut bien l'évoquer, ces cimetières étaient établis sur des terrains d'une bonne valeur !! (valant entre 15-20 francs le mètre carré) que certains trouvaient bien dommage de voir utiliser de cette manière). Il faut noter que si le regroupement des cimetières eut bien lieu, ce le fut sans avis favorable de la commission des sépultures britanniques (du fait de ce refus, la décision de regroupement dut être prise par le Ministère de la Guerre et des Pensions) :

                       - Cité Calonne military cemetery : créé le 5 mars 1916 au lieu-dit les 14 au fossé. Il renfermait 212 tombes anglaises et 130 tombes françaises (sur de 21 ares 92).
                       - Caldron military cemetery Red Mill : créé le 7 juin 1917 au lieu-dit le Village. Il renfermait 123 tombes (sur de 4 ares 63).
                       - Liévin Station cemetery : créé le 24 avril 1917 au lieu-dit le Fond de Loos. Il renfermait 60 tombes (sur 2 ares 20) qui furent transférés au Loos British Cemetery
                                                                   (commune de Loos-en-Gohelle) les 25-26 février 1925.

     - Stèle à Marie Liétard (qui organisa une ambulance civile durant la Grande Guerre)

     - Stèle aux veuves et orphelins victimes des guerres (photographie ci-dessous)

Liévin stèle aux veuves et orphelins

     - Monument 1870-1871

    - Plaque en hommage aux morts anglais : Inaugurée en juillet 1933 au cimetière anglais de Liévin, à l'initiative de la section locale de l'Union nationale des combattants et de l'Union des Poilus, en présence de près de 400 anciens combattants. M. Goulet, maire, conseiller général, et un représentant de l'armée britannique prononcèrent chacun un discours.

   - Plaque aux militaires morts en Indochine et Afrique du Nord. Localisation : à l'intérieur de l'hôtel de ville. Texte de l'épitaphe : A nos glorieux morts.

   - Stèle aux militaires décédés en Afrique du Nord. Texte de l'épitaphe : Hommage aux Liévinois morts en Afrique du Nord (1952-1962). Date d'inauguration : dimanche 14 septembre 1997

Le journal la Voix du Nord rapporte l'inauguration de la stèle aux morts en AFN

Ils s’appelaient Jean Bauduin, Henri-Paul Bernard, Théophile Bigand, Michel Camphin, André Decroix, Michel Delcourt, Marcel Deligny, Jean Deruelle, Claude Jacqmart, Joseph Jur, Edouard Kolacki, Alfred Laurent, Roland Lefraire, Bernard Lobo, Paul Moreau, François Mroz, Henri-Joseph Nowak, Claude Osinski, Augustin Petipré, Arthur Pontier, Antoine Tomaszewski

Ils auraient pu comme nous tous vivres heureux entourés de leurs enfants et petits-enfants. Malheureusement, ces 21 Liévinois sont morts au champ d’honneur en Afrique du Nord durant la période de 1952 à 1962. dimanche, en hommage à ces 21 Liévinois, une stèle a été inaugurée, près du carrefour des rues Montaigne, De Lattre-de-Tassigny et Georges-Carpentier, en présence de Jean-Pierre Kucheida, député-maire, Danielle Darras, député européen, d’une importante délégation municipale, de Robert Stassart, vice-président national et président départemental de la FNACA, Michel Haute, président du comité de coordination du groupement patriotique, Jean-Claude Stempin, président local de la FNACA, le lieutenant Mazure, accompagné des sapeurs-pompiers de Liévin, les porte-drapeaux, l’harmonie municipale et de nombreux membres et responsables des différentes associations des anciens combattants.
Le monument fut dévoilé par le député-maire, accompagné de MM. Haute et Stassart. Les dépôts de gerbes ont été effectués par MM. Kucheida, Haute, Jean-Claude Stempin, Poteaux et Beulque, deux membres de la FNACA. Après ces moments émouvants, Amandine Dufour, membres du conseil municipal des jeunes, donna lecture d’un texte de Sophie, fille d’un ancien d’AFN de l’Essonne.
M. Stassart remercia au nom de la fédération la municipalité de Liévin qui, depuis 18 ans, après avoir inauguré une rue du 19 mars 1962, fin de la guerre d’Algérie, a décidé de gravir un nouvel échelon, dans sa démarche de mémoire en érigeant une stèle aux 21 Liévinois disparus tragiquement au cours de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie. Puis il souligna qu’ « ils avaient 20 ans, ils espéraient fonder un foyer en rentrant chez eux. Hélas, la mort les a fauché à l’aube d’une vie qu’ils espéraient pourtant tranquille, la paix revenue. Fatalité, destin ! Ces mots n’ont aucun sens lorsqu’ils sont confrontés à la douleur des familles de nos malheureux camarades disparus ».
Cette stèle symbolise la paix après 23 années de guerre successives. Il remercia encore une fois les 400 municipalités, ainsi que le conseil général qui ont à ce jour adopté un vœu demandant au gouvernement de retenir le 19 mars 1962 comme journée national du souvenir. Solidarité et fraternité sont à maintenir et à développer, mots qui unissent tous dans cette épreuve.
Michel Haute quant à lui énuméra les drames et les pertes des vies humaines, qui furent énormes : «  alors, nous qui avons des droits et qui les réclamons depuis 35 années, n’oublions jamais que nous avons aussi et surtout des devoirs. Devoirs envers ces hommes, envers leurs familles, leurs parents, leurs enfants ». Il remercia également, la municipalité pour avoir voulu faire ériger la stèle qui rappellera aux générations futures la sacrifice suprême que la patrie les a obligé de faire « pour que revienne la paix en France ».




Sources :
- En photographie, reproduction d'une carte postale de 1939. Editeur : Lucien Posset, à Lille (collection particulière de monsieur Jean-Pierre Cathelain). Les autres photos sont du webmestre (2005)
- A propos de la réplique du monument en 2007 (texte et photographies) : mairie de Liévin
- Commonwealth War Graves Commission
- Le Journal de Lens et l'Avenir de Lens
-
Pour la plaque en hommage aux morts britanniques : Le Réveil du Nord du 13 juillet 1933
- Pour les morts en Afrique du Nord : Louis Mortreux, les héros de l'oubli, 1952-1962, hommage aux militaires du département du Pas-de-Calais morts au champ d'honneur en Algérie-Tunisie-Maroc ; et Site Internet Mémoires des Hommes
- * D'après les informations transmises par M. Freddy Laurent, avec mes remerciements pour sa documentation
- Arch. dép. du Pas-de-Calais, 1 W 23331-23333, 49528-49533






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