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MÉMOIRES DE PIERRE

LOOS-EN-GOHELLE


Stèle aux fusillés de 1914

Localisation : Rue Hoche (route d'Hulluch), sur un terrain offert généreusement par
M. Leclercq-Lecup Grégoire

Conflit commémoré : 1914-1918

Auteur de la maquette :
M. Saint-Georges (Président d'une des sections d'anciens combattants de Loos-en-Gohelle)

Date d'inauguration : Dimanche 23 mai 1937


Texte de l'épitaphe :

Ce monument a été érigé à la mémoire de
MEURDESOIF Alexis (82 ans)
PETIT Télésphore (79 ans)
DOBY Placide (71 ans)
MARQUETTE Jean-Baptiste (68 ans)
LENFANT Auguste (52 ans)
DELABY Paul (49 ans)
Habitants de Loos-en-Gohelle
et
DEJEUX Gustave (soldat blessé du 109e RI
Fusillés par l'ennemi
en octobre 1914)

Don du terrain LECLERCQ LECUP

Le journal de Lens évoque l'inauguration de la stèle dans son édition du dimanche 23 mai 1937* :

Loos-en-Gohelle honorera, demain dimanche, la mémoire de ses cinq fusillés

Demain, dimanche 23 mai, la laborieuse petite cité de Loos-en-Gohelle rendra un pieu hommage à la mémoire de Alexis Meurdesoif, Placide Doby, Télesphore Petit, Lenfant et Gustave Dejeux*, quatre enfants du pays et un calaisien*, tombés sous les balles allemandes en 1914 et dont un monument érigé par souscription publique perpétuera à jamais la fin tragique.

Le 4 octobre 1914, au soir, des cavaliers allemands font leur entrée dans le village de Loos-en-Gohelle. Ils sont suivis à courte distance par quatre régiments de la Garde. Le lendemain, dans la matinée, un vif combat s’engage entre nos soldats et l’envahisseur. Il tourne à l’avantage de nos petits chasseurs, qui réussissent à rejeter les Allemands hors du village.
Mais une bataille sans merci se prolonge trois jours durant. Finalement l’ennemi réussit à occuper l’éperon de la fosse n°15 des mines de Lens, tandis que nos troupes tiennent le bas du village.
Surprise par la rapidité des évènements, la population civile n’a pas eu le temps de fuir. Les Allemands l’évacuent partiellement. Dans une humble maison de la route d’Hulluch, M. Placide Doby, grave vieillard de 76 ans, a auprès de lui un de ses voisins, M. Télésphore Petit, âgé de 69 ans, qui est venu pour lui tenir compagnie tandis que les Allemands patrouillent dans le village. Tout à coup, du bruit. La porte s’ouvre, et apparaît l’officier qui commande la troupe ennemie.
Cet homme, les vieillards le reconnaissent. Ce capitaine allemand n’est autre qu’un ingénieur, qui, quelques temps avant la guerre, dirigeait, dans les installations de surface de la fosse 15, des travaux de montage de machines. Que leur veut-il ?
« Ici se cache un soldat français… ». Les soldats fouillent la maison. Leurs recherches sont vaines. Ils n’emmènent pas moins les deux vieillards. Poussés par la curiosité, MM. Alexis Meurdesoif, 80 ans et Lenfant, 50 ans, deux voisins, sortent de leur demeure. Les apercevant, l’officier ricane.
« Venez aussi avec nous ! » leur lance-t-il.
Au même moment les Allemands reviennent avec un soldat français qu’ils ont découvert, caché dans une grange. C’est un fantassin, Gustave Dejeux, originaire de Calais, auquel un autre voisin, M. Etienne Crespel, avait procuré un refuge.
« En route ! » commande l’officier. La troupe et ses cinq prisonniers, quatre civils et un militaire, prennent la direction d’Hulluch.
Ce qui s’est ensuite passé, nul ne le sait. Mais, le 14 octobre, M. Crespel découvrait les cadavres de ses quatre amis et du petit soldat qu’il avait caché chez lui.
Ecoutons le relater son odyssée. M. Charles Crespel, rescapé de cet horrible drame, habite actuellement Loos-en-Gohelle. « Le 12 octobre, les Allemands m’emmènent à mon tour et me ligotent à un arbre. Vingt quatre heures durant, je demeure en cette position ne me faisant aucune illusion sur le sort qui m’est réservé. Cependant, on me libère et je suis conduit sur le treuil de la fosse 15, où gisent les cadavres de deux civils, MM. Marquette et Delaby, de Loos-en-Gohelle, qui se sont aventurés là malgré la défense des Allemands. L’ordre m’est donné de procéder à l’inhumation des corps. Je m’exécute.
Le 15 octobre, à mon tour de prendre la direction d’Hulluch. Cette fois, pensais-je...Non, il ne s’agit encore que de la piètre besogne du fossoyeur.
A vingt mètres de la route, dans un champ gisent cinq cadavres. Je reconnais Meurdesoif, Petit, Doby et le soldat Dejeux. Les corps sont mutilés, attachés les uns aux autres avec du fil de fer. Quelle vision d’épouvante !
On me commande d’inhumer les restes de mes malheureux concitoyens. Il me faut obéir. Je creuse des trous d’une quarantaine de centimètres de profondeur. Et puis, un à un, je culbute les corps, en fermant les yeux… ».

Ayant reçu l’ordre de se taire, avec la menace du peloton d’exécution s’il parlait, M. Crespel conserva pendant une année son terrible secret. Un jour cependant il parla, il raconta à Mme Meurdesoif la fin tragique de son mari. La courageuse femme conserva le plus rigoureux silence.
Mais le 25 septembre 1915, un audacieux coup de main des troupes anglaises délivrait Loos-en-Gohelle. Quelques habitants, parmi lesquels M. Crespel, eurent la joie de revenir dans nos lignes. Mais la grosse partie de la population, quel les Allemands avaient eu le temps de refouler en arrière de leur front, ne revint dans les ruines de leur village qu’après l’armistice.
Et c’est alors que M. Crespel parla. Meurdesoif, Petit, Doby, Lenfant ? Fusillés par les Allemands et enterrés par ses soins. On se refusa à le croire. Le seul témoin de la tragédie insista. Finalement, des recherches furent entreprises. Les corps purent être identifiés.

Vingt trois ans après le drame, demain dimanche 23 mai, on honorera la mémoire des innocentes victimes de la fureur teutonne, lors de l’inauguration du mémorial destiné à perpétuer leur souvenir.
Grâce aux louables efforts d’un comité local, présidé par M. Saint Georges, président depuis 1920 de l’association des anciens combattants et mutilés de Loos-en-Gohelle, des fonds ont été recueillis. Ils proviennent en grande partie de la souscription ouverte dans le village. Les Loosois, qui ont le culte du souvenir se sont imposé un lourd sacrifice.
La maquette du monument est due à M. Saint-Georges, qui est un peintre décorateur de talent. Très sobre de ligne, en même temps que très imposant, il consiste en une stèle, portant une plaque de marbre sur laquelle sont gravés les noms des cinq fusillés et reposant sur une assise composée de quatre degrés. L’entourage est également très simple. Le mémorial qui a été érigé route d’Hulluch, à l’endroit exact où tombèrent les fusillés, est encadré par deux sapins, que le gouvernement anglais a tenu à offrir.

Renseignements complémentaires :

Alexis-Joseph Meurdesoif, né le 4 août 1832 à Loos-en-Gohelle, rentier, époux de Oside-Virginie-Joseph Delvallet
Télésphore-Frédéric Petit, né le 5 septembre 1835 à Loos-en-Gohelle, célibataire
Placide Doby, né le 25 janvier 1843 à Haisnes-lès-la-Bassée, veuf d'Augustine-Julie Véron
Jean-Baptiste Marquette, né le 13 octobre 1846 à Leforest, époux de Félicie-Cordule Moreau
Auguste-François Lenfant, né le 21 avril 1862 à Hardinghen, mineur, célibataire
Paul-Joseph Delaby, né le 18 mai 1869 à Douvrin, mineur, époux de Marie-Rose Hélard

* Gustave Dejeux est né le 8 octobre 1884 à Gentilly (à l'époque département de la Seine, aujourd'hui dans le Val de Marne) [Sources : contribution internet, M. Alain Mondor]

Stèle

Quelques temps avant l'inauguration du monument, la presse se fait déjà l'écho de la construction du monument, ainsi, dans le Réveil du Nord du 8 janvier 1937* :

Le monument aux fusillés de Loos-en-Gohelle sera inauguré cette année

Vingt trois ans après, grâce à l’initiative de quelques braves citoyens, les sept fusillés de Loos-en-Gohelle vont enfin avoir leur monument qui rappellera aux générations futures que sept Français dont quatre vieillards tombèrent sous les balles ennemies sans motif et sans aucun jugement.
C’est un vieillard, M. Etienne Crespel, aujourd’hui âgé de 77 ans, demeurant à Loos-en-Gohelle rue de Lens, qui faisant appel à sa mémoire a pu nous raconter comment furent fusillés les sept personnes de Loos-en-Gohelle. En octobre 1914, les Allemands entrèrent dans le village de Loos-en-Gohelle. Passant rue Hoche, ils emmenèrent avec eux, M. Placide Dobit, âgé de 71 ans, qui se trouvait sur le seuil de sa porte. Plus loin, à la ferme Guffroy, ils trouvèrent Augustin Lenfant, 52 ans et Alexis Meurdesoif, 82 ans, qui arrangeaient les bestiaux. Les ennemis ordonnèrent aux deux hommes de les suivre. Puis emmenèrent également prisonniers, MM. Etienne Crespel, 50 ans, Télésphore Petit, 79 ans, et un soldat blessé, Gustave Depeux.
M. Etienne Crespel fut attaché à un arbre en attendant d’être fusillé, lui dirent les Allemands. Ses compagnons disparurent avec les soldats. Après avoir passé la nuit, toujours ligoté à l’arbre, les Allemands vinrent le matin le détacher. M. Crespel ne se faisait aucun doute que sa dernière heure était arrivée. Cependant, les Allemands le jetèrent en cellule, où il passa quelques jours. Un matin on vint lui dire qu’il était libre et qu’il pouvait rentrer chez lui. Il n’y demeura pas longtemps, il n’eut même pas le temps de se remettre de ses émotions que deux Allemands vinrent le chercher. Ils le conduisirent au carreau de la fosse 15, le placèrent entre deux wagons, lui intimant l’ordre de ne pas bouger, qu’ils allaient avoir besoin de lui.
Un peu plus loin, ils venaient de fusiller deux habitants du pays : M. Paul-Joseph Delaby, 49 ans, et M. Jean-Baptiste Marquette, 68 ans. Ils revinrent donc chercher M. Crespel, qui croyait une fois de plus que son tour était venu ; mais c’était pour creuser la fosse et enterrer ses deux malheureux compatriotes. Deux jours plus tard, les Allemands conduisirent M. Crespel au grand chemin d’Hulluch, où ils venaient de fusiller Alexis Meurdesoif, Télésphore Petit, Placide Doby, Auguste Lenfant et le soldat Depeux. Sous la garde de deux sentinelles, baïonnette au canon, M. Crespel fut contraint de creuser les fosses de ses compagnons pour les y enterrer. Lorsqu’il fut renvoyé chez lui, il trouva sa pauvre mère à l’agonie, tuée par les émotions qu’elle venait d’endurer. M. Crespel confectionne un cercueil et c’est lui qui enterre sa malheureuse maman. Il restait encore 93 habitants dans la localité, parmi lesquels M. Crespel qui furent délivrés le 25 septembre 1915 à la suite d’un coup de main des Anglais.

La guerre terminée, Loos-en-Gohelle s’est reconstruit ; les habitants sont revenus et M. Crespel raconta la tragique histoire des fusillés. Les années passèrent et au mois de juillet 1936 un comité s’est formé dans le but d’ériger un monument pour perpétuer le souvenir des fusillés qui reposent dans le petit cimetière, sauf le soldat Depeux, dont les restes ont été transportés au cimetière militaire de Lorette.
Les bonnes volontés ne firent pas défaut, M. Leclercq-Lecup, qui offrit généreusement le terrain où tombèrent MM. Meurdesoif, Petit, Doby, Lenfant et Depeux, fut désigné comme président d’honneur du comité, M. Caron, maire, président ; les vice-présidents sont les représentants des trois groupements d’anciens  combattants : MM. Saint-Georges, Pradine et Leclercq ; secrétaire, M. Wattez ; trésorier, M. Mouche.
Des collectes furent faites parmi la population, et le comité obtint la participation des mines de Béthune et des mines de Lens. La maquette du monument a été exécutée généreusement par M. Saint-Georges dont on connaît le talent artistique. Le monument est actuellement en voie de construction. Les travaux ont été confiés à un tâcheron qui travaille sous le contrôle du comité.
Magnifique par sa simplicité, il couvrira une surface de 15 mètres carrés. Il sera assis sur une plateforme en béton et sera construit en granit. Il sera encadré de deux sapins, entouré d’un petit mur et on y accédera par cinq marches.


Le journal le Réveil du Nord rapporte l’inauguration du monument aux fusillés de Loos-en-Gohelle dans son édition du 24 mai 1937 :

Sous un soleil radieux s’est déroulée hier à Loos-en-Gohelle la touchante cérémonie à l’occasion de l’inauguration officielle du monument érigé, route d’Hulluch, à la mémoire de six habitants de la commune : MM. Alexis Meurdesoif, Placide Doby, Auguste Lenfant, Télesphore Petit, Marquette J.-B., François Delaby et le soldat blessé Dejeux, fusillés en octobre 1914, par l’ennemi.
Le matin fut célébrée à l’église une cérémonie religieuse.
*  *
La réception des autorités
A midi, rue de Condé, eut lieu la réception des autorités parmi lesquelles se trouvaient MM. de Bailly, sous-préfet de Béthune, représentant M. Rochart, préfet, retenu à Arras ; Alfred Maes, député de la circonscription ; Deroubaix, conseiller d’arrondissement ; Tyveyra, ingénieur en chef des ponts et chaussées ; Benoît Delorme, président des Poilus de Liévin ; Borel, percepteur ; le capitaine de gendarmerie Jerôme ; Lefebvre, greffier de justice de paix ; Haezebaert, commissaire de police spécial ; Legay, maire d’Hulluch ; Coart, architecte municipal ; et M. Avissé, président de l’association nationale des victimes civiles de la guerre, et une délégation venue de Paris avec leur drapeau.
Les autorités furent reçues par MM. Jean Caron, maire ; Demonchaux, Allart, Dernoncourt et Wattelle, les membres du conseil municipal ; Dewisme, secrétaire général de la mairie ; Saint-Georges, Pradine et Leclercq, présidents des sections d’anciens combattants et des délégations de toutes les sociétés locales. L’union fédérale des anciens combattants était représentée par M. Maréchal, secrétaire administratif.
Un cortège se forma derrière la Clique ouvrière, l’harmonie municipale, dirigée par M. Urbain, et les sapeurs-pompiers commandés par le lieutenant Brongniard, pour se rendre à l’hôtel de ville où la municipalité offrait une réception. On notait dans l’assistance M. Etienne Crespel, qui échappa à la fusillade des Allemands. M. Caron, maire, souhaita la bienvenue aux personnalités, il rappela le souvenir des fusillés dont on allait célébrer la mémoire. Puis il remit une gerbe de fleurs à M. le sous-préfet.
M. Saint-Georges, au nom des anciens combattants, offrit une gerbe à M. Maës, et au nom de l’administration municipale, M. Demonchaux remit des fleurs à M. Caron, maire.
Prenant la parole, M. de Bailly, sous-préfet, demanda d’unir dans un même sentiment les morts tombés au champ d’honneur et les victimes civiles. Il invita l’assistance à se rendre au monument aux morts pour y déposer les fleurs.
La musique exécuta plusieurs morceaux et on sabra le champagne.
En cortège, les personnalités se rendirent au monument aux morts où, après avoir déposé des fleurs, une minute de silence fut observée.
*  *
Le banquet
Un banquet fut servi à 13 heures dans la salle Leclercq-Dupont, sous la présidence de M. le sous-préfet. A une table se trouvaient réunis les membres des familles des fusillés. Aux discours, M. Caron, maire, excusa MM. le préfet, Sion, député, Goulet et Holle, conseillers généraux, Erouart, conseiller d’arrondissement, etc. et remercia les personnalités présentes. Puis il rappela dans quelles circonstances un comité s’était formé pour ériger un monument commémoratif qui rappellera aux générations futures une des innombrables horreurs de la guerre. Il exprima sa gratitude à toutes les personnes qui aidèrent le comité et particulièrement à M. Leclercq Grégoire, donateur du terrain. Il rendit hommage à M. Etienne Crespel, qui a permis de reconstituer toute la scène effroyable qui s’est déroulée et qui est une image vivante de l’horreur de la guerre. « Faisons confiance en la bonté des hommes, dit-il, pour que la guerre soit écartée à jamais. Donnons l’exemple nous-mêmes en nous aimant les uns les autres ».
M. Avisse apporta aux fusillés de Loos-en-Gohelle le témoignage de l’association des victimes civiles de la guerre.
M. Maës rappela aussi les horreurs commises sur les populations civiles ; il demanda de faire confiance à la Société des Nations pour éviter toute guerre ; il rendit hommage à Briand, apôtre de la paix. Il termina en faisant le vœu que la guerre soit bannie pour toujours pour avoir enfin la véritable paix universelle.
M. de Bailly, sous-préfet, adressa ses félicitations à la municipalité et aux membres du comité du monument ; il salua M. Crespel, le survivant des journées tragiques et il s’inclina devant les familles des malheureux fusillés.
*  *
L’inauguration
A partir de 15 heures, les sociétés et sections d’anciens combattants des communes environnantes arrivèrent à la mairie de Loos-en-Gohelle, où un vin d’honneur leur fut offert. Puis chaque groupement alla prendre sa place pour le défilé qui se mit en route à 16 h 15. par la route d’Hulluch, le cortège se rendit au monument dans l’ordre suivant : les enfants des écoles, la Clique ouvrière, l’harmonie municipale, les sapeurs-pompiers, les drapeaux des sections d’anciens combattants et mutilés, les autorités et la foule. Sur la route plusieurs fausses portes avaient été dressées rendant hommage aux fusillés.
Devant le monument, une estrade avait été érigée où prirent place les autorités et les familles des victimes. Les drapeaux encadrèrent le monument. Aux personnalités s’étaient joint M. le vicaire général Maréchal, représentant Mgr Dutoit, évêque d’Arras. On remarquait un groupe de jeunes polonaises en costume national, portant une magnifique couronne. Après la sonnerie aux morts et une minute de recueillement, M. Saint-Georges au nom des anciens combattants fit l’historique des fusillés de Loos-en-Gohelle, il rendit un nouveau hommage au survivant, M. Etienne Crespel.
En remettant le monument à la commune, il s’exprima ainsi : « au nom de tous mes camarades anciens combattants de la commune, au nom de la population qui nous entoure et des familles de ses malheureuses victimes, je suis heureux de vous confier ainsi qu’à votre conseil municipal, ce modeste monument, vous connaissant comme je vous connais, sachant le prix que vous apportez au respect de chacun et de chaque chose. Les combattants sont tranquilles, ils savent que vous ferez respecter aussi le souvenir de nos glorieux morts ».
M. Caron, maire, remercia la foule nombreuse et émue, venue assister à l’inauguration du monument. Il évoqua lui aussi l’effroyable tuerie d’octobre 1914, rendant hommage aux innocentes victimes.
S’adressant à M. Saint-Georges, il lui répondit : « vous avez toute à l’heure déclaré que vous confiez ce monument à la municipalité le monument aux fusillés, au nom du conseil municipal, je vous remercie de cette marque de confiance et vous assure que les précautions seront prises pour que toutes les marques de respect lui soient dûes ».
 Enfin, M. de Bailly, sous-préfet de Béthune apporta l’hommage du gouvernement. Un médaillé militaire découvrit la stèle où sont inscrits les noms des sept fusillés.
La Marseillaise retentit tandis que majestueusement le ballon Vole au Vent, monté par M. Desruelle, pilote à Vermelles et M. Saint-Georges fils s’élevaient dans les airs.
Les sociétés et la foule défilèrent devant le monument dont le socle disparaissait sous les fleurs.
Un service d’ordre très bien organisé était dirigé par l’adjudant de gendarmerie Lefebvre de Liévin.




Sources :
- Le Journal de Lens ; Le Réveil du Nord

- Photographie de la stèle par JB Jacquet (janvier 2009)

* Les articles de presse ne constituant pas une source historique en tant que telle, on prendra des précautions dans l'interprétation de  ces textes, en particulier dans l'exposé des faits de guerre.




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