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MÉMOIRES DE PIERRE

MERCATEL

Monument aux morts
mercatel monument aux morts

L'érection du monument aux morts de Mercatel s'étala sur plusieurs années suite à des dissensions entre le comité d'érection et le maire de la commune (voir article de presse)





Localisation :
Près de l'église

Conflits commémorés : 
1914-1918, 1939-1945

Marbrier : H. Lefebvre (Arras)

Texte de l'épitaphe :

1914-1918
Mercatel à ses héros


                                 Mercatel, détail du bas-relief

        Liste des noms inscrits au monument aux morts : voir liste consolidée







BERNARD Gustave
BERNARD Jean-Baptiste
BRISSEZ Hippolyte
CHEREZ Joseph
CREPIEUX Jean-Baptiste
DEMELIN Albert
DESAILLY Augustine
DHAMELINCOURT Louis
DHENIN François
GOUCHE Adolphe
GUEANT Louis
LAMBERT Augustin
LIEVRE Léon
MEHAY Alcide
SAUVAGE Gustave
SAUVAGE Lucien
VAAST Emile
VAAST Gaston
VASSE François
VERDET Edouard
SAUVAGE Robert (nom vraisemblablement rajouté)

mercatel détail du poilu blessé

Victimes civiles :
DHAMELINCOURT Louis
DELANNOY Augustin






BERNARD Gaston
BRISSEZ Louis
BROY Albert
DHAMELINCOURT Armand
LAFERRIERE Charles
LANTOINE Arthur
VIART Hippolyte
FRESSIN Flavie
DELANNOY Ghislaine
HANOT Rose
RIFFLART Kléber
VASSE Octavie
DANEL Christophe
Le Réveil du Nord du 24 août 1934 rapporte les difficultés d’érection du monument aux morts de Mercatel

Une discussion autour du monument aux morts de Mercatel, près d’Arras

Une grave discussion s’est élevée au sujet du monument aux morts de Mercatel, entre le président du comité d’érection, M. Gaston Lalin, et M. Barbaux H., maire de la commune. Mercatel, petit village situé à six kilomètres d’Arras, n’a pas encore son monument aux morts. Il est une des rares communes qui n’a pas fait diligence pour honorer la mémoire des enfants du pays qui ont payé de leur mort le sacrifice de la patrie. Pour comble de malheur, une discussion fort grave met aux prises, M. Gaston Lalin, président d’honneur de l’union nationale des combattants de Mercatel, ancien maire, et le maire actuel, M. H. Barbaux.
Nous laisserons juge les anciens combattants et tous ceux qui pleurent les héros de la grande guerre en leur donnant objectivement les résultats d’une enquête faite sur place.
*   *
Le comité d’érection du monument se constitua, sur l’initiative de M. Lalin, maire de Mercatel, et de quelques anciens combattants, dont M. Bénoni Lièvre, président de l’union nationale des combattants, secrétaire du comité, et de M. Louis Lièvre, ancien adjoint, trésorier du dit comité, en l’année 1923. une souscription eut lieu dans la commune, son montant s’éleva à 17688 francs ; le produit des quêtes et des fêtes organisées par les anciens combattants forma 5922 francs et le total des intérêts à 6930 francs, soit un total de 30000 francs. Le monument fut commandé à M. Lefebvre, marbrier à Arras, qui reçut un acompte de 10000 francs et livra bientôt la partie de bronze du monument : un soldat blessé gisant sur le sol et protégeant un drapeau. Le socle et la pierre devaient être posés à un emplacement que le conseil municipal, alors présidé par M. Lalin, désigna dans le cœur de Mercatel, et placé à un endroit convenable entouré de chemins. Il faut dire que cette tractation eut lieu quelques temps avant les élections municipales de 1928 et que le conseil municipal sortant ne fut pas réélu, sauf toutefois, M. Gaston Lalin, maire, qui fut le seul à reprendre le chemin de la salle des délibérations. M. H. Barbaux fut élu maire en remplacement de M. Lalin.
*   *
Un plan d’aménagement avait été établi par la précédente municipalité, plan qui fut complément transformé, et l’emplacement du monument devint bientôt celui d’un abreuvoir. Les travaux sont terminés depuis longtemps et les chevaux, fort rares, vont de temps à autres patauger dans l’eau verdâtre. Le comité d’érection du monument aux morts se trouva ainsi dans l’impossibilité de mettre à exécution l’œuvre qu’il s’était tracée et attendit que le nouveau conseil se décidât à désigner un autre lieu. Le temps passa, les années s’écoulèrent, le monument de bronze fut couvert d’une toile et placé dans un hangar appartenant à M. Lalin et située dans sa propriété personnelle, à l’abri des intempéries et de toute souillure. L’église qui devait être construite au centre du village fut également déplacée et fut érigée près du groupe scolaire, par devant lequel séjourne l’eau pestilentielle d’un abreuvoir alimenté par la pluie.
*  *
M. Barbaux, maire, vient donc il y a quelques semaines de remettre en route la question du monument, et c’est ainsi qu’un nouvel emplacement vient d’être désigné. Une place, paraît-il, insuffisante, dira le comité d’érection, lui est réservée entre l’église et l’école des garçons. Mais le comité d’érection n’accepte pas cet emplacement qu’il considère comme indigne des grands morts de la guerre et dans ces conditions, s’obstine à ne pas vouloir poursuivre sa construction. Le maire actuel voulant mettre le comité dans l’obligation de poursuivre son œuvre, avisa le procureur de la République, puis le juge de paix, mais tout cela en vain.
*  *
M. Lièvre, trésorier, a fourni la situation financière, laquelle n’est pas contestée, et M. Barbaux, maire, à coups de tracts, en appelle à l’opinion publique en ces termes : Nous disons et nous sommes certains d’avoir avec nous l’opinion des gens de bon sens de la commune, qu’il est inadmissible qu’une souscription faite en 1923, c’est-à-dire il y a onze ans, n’ait pas encore rempli le but proposé. Mais ce qu’il y a de plus formidable et d’incroyable, c’est que le village de Mercatel est probablement le seul en France sans monument aux morts.
Ce à quoi, M. Lalin répond – du tract au tract, c’est la cas de la dire – Depuis 1928, le conseil municipal et le maire Barbaux ont, après avoir pris l’emplacement prévu pour faire un abreuvoir, attendu six ans pour désigner un endroit indigne de nos morts. Nous n’en voulons pas ».
La discussion semble devoir s’éterniser entre ces deux personnes et frise, par moment, la calomnie. Mercatel n’a toujours pas son monument ! 



Les autres lieux de mémoire de la commune

- Mercatel Communal Cemetery. Dans le cimetière communal, une vingtaine de tombes de soldats britanniques (seconde guerre mondiale).


Sources :
- Site internet Mémoire des Hommes (fichier des morts pour la France)
- Arch. dép. du Pas-de-Calais, 1 W 49528, 49546





S'il vous plaît d'utiliser les informations de ce site pour un usage quelconque, merci de faire mention de vos sources


Mercatel
Liste consolidée :
BERNARD Gustave

BERNARD Jean-Baptiste (Jean-Baptiste-Joseph. Né le 03/11/1885 à Mercatel. Soldat de 2ème classe au 233e régiment d’infanterie. Mort pour la France le 28/12/1915 aux Eparges (Meuse), tué à l’ennemi)

BRISSEZ Hippolyte (Hippolyte-Charles-Guislain-Joseph. Né le 31/10/1881 à Mercatel. Soldat de 2e classe au 33e régiment d'infanterie, matr. 1053, recrutement d'Arras. Mort pour la France le 09/05/1915 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), blessures) [transcription à Amiens (Somme) ?]

CHEREZ Joseph

CREPIEUX Jean-Baptiste (Né le 11/05/1874 à Mercatel. Soldat de 2ème classe au 268e régiment d’infanterie. Mort pour la France le 15/01/1917 (Somme), blessures (bras gauche et cuisse droite broyés))

DEMELIN Albert (Albert-Joseph. Né le 28/02/1885 à Mercatel. Soldat de 2ème classe au 401e régiment d’infanterie. Mort pour la France le 17/12/1916 à Damloup (Meuse), tué à l’ennemi)

DESAILLY Augustine

DHAMELINCOURT Louis (Né le 24/09/1893 à Mercatel. Quartier maître mécanicien sur le Vérité. Mort pour la France le 04/10/1918 à Toulon, maladie (grippe et broncho pneumonie double))

DHENIN François (François-Augustin-Joseph. Né le 23/02/1893 à Mercatel. Soldat de 2ème classe au régiment d’infanterie. Mort pour la France le, tué à l’ennemi)

GOUCHE Adolphe (est-ce Né le 18/05/1891 à Brebières. Soldat de 2ème classe au 33e régiment d’infanterie. Mort pour la France le 30/08/1914 à Sains-Richaumons (Aisne), tué à l’ennemi)

GUEANT Louis (Louis-André-Léon-Joseph. Né le 02/03/1889 à Mercatel. Soldat de 2ème classe au 272e régiment d’infanterie 21e compagnie. Mort pour la France le 09/06/1915 au bois de la Gruerie (Marne), tué à l’ennemi)

LAMBERT Augustin

LIEVRE Léon (Léon-Joseph. Né le 19/01/1875 à Mercatel. Soldat de 2ème classe au 233e régiment d’infanterie. Mort pour la France le 16/06/1915 (Marne), tué à l’ennemi)

MEHAY Alcide (Alcide-Pierre-Guislain-Joseph. Né le 29/06/1888 à Mercatel. Soldat de 2ème classe au 84e régiment d’infanterie. Mort pour la France le 17/02/1915 à Beauséjour (Marne), tué à l’ennemi)

SAUVAGE Gustave (Gustave-Gaston-Joseph. Né le 22/08/1894 à Mercatel. 2e canonnier servant au 111e régiment d’artillerie lourde 4e batterie. Mort pour la France le 14/03/1918 à Monastir (Serbie), blessures)

SAUVAGE Lucien (Lucien-Joseph. Né le 16/09/1890 à Mercatel. Soldat de 2ème classe au 1er régiment d’infanterie. Mort pour la France le 27/09/1916 (Somme), tué à l’ennemi)

VAAST Emile (Emile-Joseph. Né le 04/09/1895 à Mercatel. Caporal au 165e régiment d’infanterie 11e compagnie. Mort pour la France le 05/04/1918 (Somme), tué à l’ennemi)

VAAST Gaston

VASSE François (François. Né le 20/11/1884 à Mercatel. Caporal au 233e régiment d’infanterie 19e compagnie. Mort pour la France le 31/08/1914 à Vervins (Aisne) ambulance 2 , blessures)

VERDET Edouard (Edouard-Joseph-Constant. Né le 16/01/1887 à Mercatel. Soldat de 2ème classe au 8e régiment d’infanterie. Mort pour la France le 06/05/1915 au bois d’Ailly (Meuse), tué à l’ennemi)

SAUVAGE Robert (nom vraisemblablement rajouté) (Robert-Joseph. Né le 18/09/1894 à Achicourt. Soldat de 2ème classe au 84e régiment d’infanterie. Mort pour la France le 17/09/1915 à Mianucourt (Marne), tué à l’ennemi)

Victimes civiles :
DHAMELINCOURT Louis
DELANNOY Augustin
BERNARD Gaston
BRISSEZ Louis, né le 27/01/1883 à Mercatel, mort le 21/05/1940 à Mercatel, fusillé par les Allemands
BROY Albert
DHAMELINCOURT Armand
LAFERRIERE Charles
LANTOINE Arthur
VIART Hippolyte
FRESSIN Flavie
DELANNOY Ghislaine
HANOT Rose
RIFFLART Kléber
VASSE Octavie
DANEL Christophe

Et aussi :
SEVRIN Georges, domicilié à Jemeppe-sur-Sambre, décédé le 21/05/1940 à Mercatel, tué par balle dans le dos derrière la ferme Crombez vers laquelle il se dirigeait suite à un ordre de soldats allemands [il était de nationalité belge]