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MÉMOIRES DE PIERRE

RICHEBOURG - NEUVE-CHAPELLE

Mémorial indien
 

L'édification du mémorial fut décrétée par la Président de la République Française le 11 août 1926 (Journal Officiel).

Inauguré le 7 octobre 1927 en présence du maréchal Foch, de sir Claude Jacob, général anglais, de lord Birkenhead, secrétaire d’Etat de l’Inde, et de M. Perrier, ministre des Colonies

Il est dédié à la mémoire des tués et disparus des unités Indoues.

L'architecte est Sir Herbert Baker (un des créateurs du Delhi moderne). Le mémorial à une forme circulaire, sa façade présente une colonne (rappelant les piliers d'Asoka) d'environ 16 mètres de hauteur surmontée d'un lotus impérial, de la couronne impériale et de l'étoile des Indes. Elle est flanquée de deux tigres.

Les noms du mémorial sont classés par unités. Dans une unité par grade, et dans le grade par ordre alphabétique. Ils sont 4.847.

En l'honneur de l'armée de l'Inde qui a combattu en France et en Belgique,
1914-1918,
et pour perpétuer le souvenir de ses morts aux tombes inconnues dont les noms sont ici gravés.

En 1964, on ajouta un panneau de bronze sur lequel figurent les noms de 206 soldats dont les tombes situaient à Zehrensdorf (Allemagne de l'Est) ne pouvaient être conservées.

A la mémoire des ces hommes qui moururent en captivité et furent enterrés à Zehrensdorf près de Berlin


Richebourg mémorial indien détail des blasons


Texte de l'épitaphe :

India
1914-1918


TO THE HONOUR OF THE ARMY OF INDIA WHICH FOUGHT IN FRANCE AND BELGIUM, 1914-1918, AND IN PERPETUAL REMEMBRANCE OF THOSE OF THEIR DEAD WHOSE NAMES ARE HERE RECORDED AND WHO HAVE NO KNOWN GRAVE


1939 - 1945 IN HONOUR OF THESE SOLDIERS WHO DIED IN CAPTIVITY IN NORTH-WEST EUROPE AND WHOSE MORTAL REMAINS WERE COMMITTED TO FIRE


 Richebour mémorial indien du Touret

Installé au lieu-dit la Bombe, ce mémorial occupe 3280 m2
Richebourg mémorial indien détail des blasons


Mémorial du Touret
Mémorial du Touret

Inauguration du mémorial indien de Neuve-Chapelle
Les autorités françaises, britanniques et indiennes en octobre 1927 à l'inauguration du mémorial
 
Le journal le Réveil du Nord rapporte l’inauguration du mémorial Indien de Neuve-Chapelle dans son édition du samedi 8 octobre 1927 :

Cette grandiose cérémonie s’est déroulée hier en présence du maréchal Foch, de sir Claude Jacob, général anglais, de lord Birkenhead, secrétaire d’Etat de l’Inde, et de M. Perrier, ministre des Colonies, qui représentait le gouvernement français
Pour rendre hommage et perpétuer le souvenir de l’héroïsme des troupes des armées de l’Inde qui combattirent sur notre sol durant la guerre, le gouvernement impérial anglais a fait ériger, sur un coin du territoire de Richebourg l’Avoué, à quelques centaines de mètres de la commune de Neuve-Chapelle, un gigantesque monument, des plus importants que nos alliés aient érigé sur notre sol. Ce monument d’une architecture toute spéciale a l’aspect d’un forum flanqué de deux pavillons surmontés d’arcade et d’une colonne de dix sept mètres portant l’étoile des Indes.  Chaque côté, deux énormes tigres, symboles religieux hindous.
Les travaux de construction du mémorial ayant été terminés plus vite qu’on ne l’avait prévu, l’inauguration qu’on avait projetée pour le printemps 1928 a été avancée et a eu lieu hier. Favorisée par un temps superbe, la cérémonie fut grandiose.

Le passage des personnalités à Lille, à Arras et à Béthune
La plupart des personnalités anglaises et indiennes étaient arrivées la veille à Lille : lord Birkenhead, secrétaire d’État des provinces indiennes ; lord Witterton, sous-secrétaire ; lord Crewe, ambassadeur d’Angleterre à Paris ; le maharadjah de Kapurthala ; le romancier Rudyard Kipling, Lady Smith, le général Fabiau Worck et de nombreux officiers généraux et subalternes de l’armée anglaise. Ces personnalités, suivies de leur suite, se rendirent de bonne heure à Neuve-Chapelle pour recevoir et saluer le détachement d’officiers hindous, représentant tous les régiments de leur pays, venus en uniforme, rendre hommage à la mémoire de leur compatriote et frères d’armes. La maréchal Foch participa également à la cérémonie, ainsi que M. Léon Perrier, ministre des Colonies, qui représentait le gouvernement. Le maréchal et la ministre étaient descendus en gare d’Arras du rapide de Paris et à leur arrivée ils avaient été salués par M. Peytral, préfet du Pas-de-Calais. Ces personnalités se rendirent aussitôt à Béthune, où M. Stirn, sous-préfet, leur souhaita la bienvenue. De là, elles se rendirent immédiatement à Neuve-Chapelle et furent reçues et saluées à nouveau par le général sir Claude Jacob et les personnalités militaires et civiles anglaises, pendant qu’un détachement du 43e R.I. et le détachement des officiers et soldats indiens rendait les honneurs et présentait les armées. La musique du 43e exécuta la Marseillaise et le God save the King.

Un prologue
Auparavant avait eu lieu une cérémonie intime des personnalités et du détachement de soldats indiens à l’intérieur du monument. Une foule nombreuse venue de tous les coins de l’arrondissement assista à cette brillante réception. Toutes les habitations reconstruites le long de la route étaient pavoisées du drapeau national et anglais. Après la réception officielle et les présentations d’usage, 200 personnes qui étaient munies d’une carte d’invitation purent pénétrer à l’intérieur du mémorial.
Quand le maréchal Foch, M. Perrier, ministre, firent leur apparition précédés des officiels anglais et hindous, la musique du 43e joua la Marseillaise et l’hymne anglais. Parmi les personnalités qui assistaient à l’inauguration on remarquait le colonel Pauchet , chef du cabinet du ministre ; Peytral, préfet du Pas-de-Calais ; Stirn, sous-préfet de Béthune ; Cogé, secrétaire général de la préfecture ; Elby, sénateur ; Couhé, député ; les maires des communes du canton de Laventie, etc.

L’inauguration
Toujours précédés des officiels anglais, le maréchal Foch et le ministre font le tour du monument et regardent les plaques qui portent les noms des provinces indiennes et ceux des soldats disparus. Un avion anglais survole le monument. Les officiels se dirigent alors vers la tribune dressée près d’une grande plaque de marbre portant comme inscription : « En l’honneur de l’armée de l’Inde qui a combattu en France et en Belgique – 1914-1918 – et pour perpétuer la mémoire de ses morts aux tombes inconnues dont les noms sont gravés ici ». La plaque est recouverte des drapeaux aux couleurs françaises et anglaises.

Les discours
C’est le général sir Claude Jacob qui ouvre la série des discours ; il s’exprime en anglais. Après avoir salué à nouveau les personnalités présentes, il fait l’historique des combats auxquels participèrent les soldats des colonies indiennes qui venus des régions les plus lointaines ont vaillamment fait leur devoir et versé leur sang pour la cause du droit et de la liberté.
Le maharadjah de Karpurthola, vêtu d’un original costume indien et coiffé d’un turban, lui succède. Il s’exprime également en anglais. Il dit que les indiens sont fiers d’avoir contribué à repousser le tyrannique envahisseur et d’avoir aidé à la victoire du droit.
Le maréchal Foch parle à son tour des troupes indiennes qui, comprenant plus d’un million d’hommes, combattirent sur le front français et aux Dardanelles.
C’est à Neuve-Chapelle que les troupes indiennes participèrent à la première offensive. Au bout de quelques jours de combats, elles refoulèrent les troupes de l’envahisseur, supérieures en nombres et en matériel, firent de nombreux prisonniers et reprenaient le territoire de Neuve-Chapelle. Leur exemple de courage exalta le moral. Il était juste qu’un mémorial soit élevé en l’honneur de ceux qui contribuèrent si vaillamment à obtenir la victoire. Venus des régions chaudes sur la terre froide du Nord, les soldats indiens ont permis de libérer nos régions envahies. Nous garderons le souvenir de leur exemple.
Des applaudissements soulignent les dernières paroles du maréchal qui est aussitôt remplacés à la tribune par M. Perrier, ministre des Colonies. Il apporte aux héros le salut respectueux du Gouvernement.
Nous Français, nous inclinons par reconnaissance ; jamais nous n’oublierons. La France n’oubliera jamais ceux qui accoururent de toutes les parties de la terre pour repousser la force et la tyrannie. Ce monument attestera notre inoubliable souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour la cause de la paix et de la justice. Il rappellera notre commune action d’entente cordiale et humanitaire, de la solidarité des peuples pour le bonheur et la fraternité.
Aussitôt les discours terminés, le voile qui recouvre la plaque tombe. La musique sonne l’appel aux morts, puis joue à nouveau la Marseillaise et le God save the King. L’assistance observe une minute de recueillement. Les couronnes et gerbes de fleurs offertes par les sociétés d’anciens combattants des pays alliés et des communes voisines sont déposées sur le pourtour du mémorial. (..) La cérémonie d’inauguration est terminée. Le service d’ordre était assuré par les gendarmes des brigades de Béthune, sous les ordres du capitaine Coindat.

Un lunch à Béthune
Les officiels et leur suite se rendirent ensuite à Béthune, à l’hôtel du Vieux Beffroi, où un lunch leur fut servi (..) Au dessert un toast a été porté au président de la République par lord Kirkenhead. M. Perrier, au nom du gouvernement, rappela l’amitié franco-anglaise et porta un toast au roi et à la reine d’Angleterre. Puis le maréchal Foch fit l’éloge de ses anciens camarades des armées anglaise, canadienne et hindou et des liens de fraternité qui les uniront pendant la paix comme pendant la guerre. Le maréchal Foch, M. Perrier, accompagné de M. Peytral, se rendirent ensuite à Lorette, puis à Arras. Le maréchal et la ministre regagnèrent Paris dans la soirée.


Sources :
- Photographie prise par le webmestre en janvier 2006
- Photographie de l'inauguration du monument : Archives départementales du Pas-de-Calais 4 Fi 34/2






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