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MÉMOIRES DE PIERRE

SAINT-OMER

Monument du 8ème Régiment d’Infanterie

Une partition de musique est gravée dans la partie inférieure du monument.


Localisation : Place de Verdun
   Conflits commémorés : Tous les conflits auxquels a participé le 8ème RI

Date d'inauguration : Juin 1929

Texte de la dédicace :
8ème régiment d'infanterie 
1914-1918
Dinant-sur-Meuse
La Marne
Mesnil-les-Hurlus
Les Eparges
Verdun
La Somme
La Champagne
Les Flandres
l'Ourcq
L'Aisne

La croix de la Légion d'honneur a été conférée
au drapeau du 8e R.I. par décret du 20 septembre 1920
avec motif suivant :
Magnifique régiment où les soldats surent transformer
en héroïsme l'angoisse de servir leurs familles esclaves
et leurs foyers détruits, engagé dans toutes les 
grandes actions de la campagne, ne recula jamais
devant les attaques de l'ennemi (Verdun 1916-Aisne 1918)
Jamais l'ennemi ne put résister au choc impétueux de
ses assauts (Somme 1916, Flandres et Aisne 1917)
6 citations à l'ordre de l'armée 

Colonel doyen tué le 17/7/1914
Lieutenant colonel DE CLAUSSADE tué le 12/8/1914
Lieutenant colonel ROUGEOT tué le 17/7/1914
Lieutenant colonel WIRIOT décédé le 15/03/1915
Général Roubert, ancien colonel du 8ème RI,
décédé à Monaco le 27/8/1927

Dans son édition du 24 juin 1929, le journal le Réveil du Nord rapporte l'inauguration du monument :

Un monument à la mémoire des soldats des 8e et 208e régiments d’infanterie et du 7e territorial.
Il a été inauguré hier, à Saint-Omer, devant une nombreuse assistance, venue de Calais, Boulogne et la région Lilloise.

Au lendemain de la ville, la ville de Saint-Omer e rendu comme toutes nos communes de France, un solennel hommage à ses enfants tombés pour la défense du pays et le monument qui s’élève dans un square voisin de la gare rappelle leur glorieux sacrifice à la cause de la paix.
L’association des anciens des 8e, 208e régiments d’infanterie et du 7e territorial a voulu rendre un hommage tout particuliers aux officiers, sous-officiers et soldats de ces régiments dissous depuis la guerre, au cours de laquelle ils ne cessèrent de combattre héroïquement avec une remarquable constance morale que souligne une magnifique citation.
Le comité rencontra un accueil empressé à Saint-Omer, pour d’affectueuses raisons de recrutement et de garnison, Calais, Boulogne et leurs environs avaient des motifs du même ordre pour s’associer dans ce culte du souvenir. Les cérémonies qui se sont déroulées hier à l’occasion de l’inauguration du monument ont été suivies avec recueillement par les Audomarois qui, avec une touchante unanimité, avaient pavoisé et orné leurs demeures en l’honneur de leurs regrettés pioupious.

Les réceptions des sociétés
A dix heures, place de la gare, se fit le rassemblement des anciens des 8e, 208e R.I. et 7e R.I.T. Parmi les sociétés et délégations, nous avons remarqué la section des anciens combattants, des mutilés et anciens combattants non pensionnés.
A 10 h. 15, eut lieu la réception de la musique du 110e R.I. MM. Verdoy, président ; Léonce Guilbert, Sénéschal et Vandomme, vice-présidents de l’amicale des anciens régiments cités plus haut, se portèrent à) la rencontre de cette vaillante phalange musicale et la saluèrent ainsi que son distingué chef, M. A. Valin, fils du regretté M. Valin, ancien chef de la musique du 8e R.I.
A 10 h. 30, aux sons de marches entraînantes exécutées par la musique du 110e R.I. et qui rappelèrent aux Audomarois les défilés d’autrefois, l’on se rendit au monument aux morts où M. Verdoy déposa une superbe gerbe de fleurs. Après une minute de recueillement et l’exécution de la Marseillaise, le cortège se rendit à l’hôtel de ville, où eut lieu la réception des autorités et sociétés, signalons MM. Le général Oudry, ancien colonel du 8e ; le commandant Lesur ; le lieutenant-colonel Voulaillezn du 110e R.I., ancien colonel du 8e ; M. Tabart-Robert, sous-préfet de Saint-Omer ; M. Lefebvre du Prey, ancien ministre, sénateur du Pas-de-Calais ; MM. Paul Guersy, député du Pas-de-Calais ; Tillie, conseiller général ; Debeugny, maire ; Lalisse, adjoint, la plupart des conseillers municipaux ; Drueltz, adjoint au maire de Boulogne-sur-Mer ; V. Lalès, président de l’amicale des anciens du 8e de ligne, à Boulogne-sur-Mer ; Maurice Sénéschal, président des anciens combattants de Saint-Omer ; Kesteloot, président de la section des mutilés ; V. Liber, président des anciens combattants des faubourgs ; les anciens des 8e, 208e et 7e RIT, venus de Lille, Roubaix, Boulogne et Calais.

A l’hôtel de ville
Devant les autorités, M. Léon Verdoy, président de l’amicale, tint à remercier l’administration municipale et tous ceux qui prêtèrent leur concours désintéressé à cette manifestation du souvenir et de la reconnaissance à l’égard des anciens des 8e, 208e R.I. et 7e R.I.T., morts au champ d’honneur.
M. Debeugny, maire de Saint-Omer, dit toute sa fierté comme premier magistrat et ancien du 8e de ligne, d’avoir à présider cette solennité qui restera marquée dans les annales de la cité audomaroise. A 11 h. 15 prenait fin la réception officielle.

La cérémonie d’inauguration
A 12 heures, à l’Esplanade, en présence des autorités et d’une grande partie de la population eut lieu l’inauguration du monument commémoratif. Bien dégagé de la verdure, qui lentement avait envahi ce coin trop abandonné, il silhouette fièrement, la blancheur de sa colonne et le fond de pierre où sont enchâssées entre des faisceaux de licteurs en bronze massif, les plaques de marbre sur lesquelles sont gravés les faits d’armes du régiment ainsi que l’émouvante citation qui vaut la Légion d’honneur au 8e, citation que nous sommes heureux de reproduire ci-dessous. La croix de chevalier de la Légion d’honneur a été conférée au drapeau du 8e R.I. par décret du 20 septembre 1920 avec le motif suivant : « Magnifique régiment où les soldats surent transformer en héroïsme l’angoisse de savoir leurs familles esclaves et leurs foyers détruits. Engagé dans toutes les grandes actions de la campagne, ne recula jamais devant les attaques de l’ennemi. Verdun 1916, Aisne 1918. jamais l’ennemi ne put résister au choc impétueux de ses assauts. Somme 1916, Flandres et Aisne 1917. Six citations à l’ordre de l’armée ».
Après l’exécution de la Marseillaise, M. Léon Verdoy, président de l’amicale, a tenu à magnifier l’œuvre accomplie par le beau régiment qui vécut si longtemps à Saint-Omer, de même que le 208e et le 7e territorial, auxquels il a donné naissance à la mobilisation. Souvenons-nous, dit-il, que les beaux titres de gloire de ces régiments ont été payés de l’héroïsme des enfants de notre région, dont 3250 sont tombés sous les plis du drapeau du 8e, 1776 sous celui du 208e et 362 sous celui du 7e territorial.
Le général Oudry, au nom de l’armée, et M. Tabart-Robert, sous-préfet de Saint-Omer, au nom du gouvernement de la République française, s’associèrent aux nobles paroles prononcées par le distingué président de l’association et saluèrent la mémoire des braves de ces nobles régiments qui ont fait l’admiration de notre pays et des puissances alliées.
A 12 h. 30 prenait fin cette cérémonie inoubliable et qui restera gravée dans les annales de la cité.

Le banquet
A 13 heures, un banquet réunissait en la maison du combattant, rue du Jardin, la plupart des personnalités citées plus haut. La plus franche gaieté ne cessa d’y régner. Au dessert, un seul discours fut prononcé par M. Léon Verdoy, qui s’adressant aux parlementaires les adjura de faire l’impossible pour que soit rendue à Saint-Omer sa belle garnison de jadis et qui faisait l’honneur et la fierté de la population audomaroise.
A 16 heures, dans le cadre ravissant du jardin public, la célèbre phalange musicale du 110e R.I. donna une audition très applaudie.
La journée s’est terminée par un concert vocal et instrumental donné à 21 heures, au jardin public, par la musique municipale.







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