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MÉMOIRES DE PIERRE

SAINT-POL-SUR-TERNOISE

Plaques commémoratives en l’honneur des Saint-Polois morts au combat durant la guerre de Crimée et celle de 1870

Localisation : Au pied du monument aux morts

En 1897, lors de la fête nationale du 14 juillet, la ville inaugure deux plaques commémoratives en l’honneur des Saint-Polois morts au combat durant la guerre de Crimée et celle de 1870. Lors des discours, le maire Héroguelle déclare : “On enseigne aux enfants de nos écoles qu’ils doivent aimer leur Patrie, et au besoin sacrifier leur vie pour elle. Il est bon de leur enseigner aussi, de montrer à tous, que ceux qui ont aimé leur pays jusqu'à la mort ne sont jamais oubliés par leurs concitoyens. C’est dans ce but que le conseil municipal a décidé que les noms des Saint-Polois morts pour la Patrie seraient gravés à l’entrée de la Maison communale. Permettez-moi d’adresser ici, un souvenir ému à nos morts glorieux et d’affirmer en votre nom à tous, que les enfants de la ville de Saint-Pol sont toujours prêts pour tous les devoirs et tous les sacrifices”. Le sous-préfet ajoute : “Votre œuvre est deux fois utile, car vous ne remplissez pas seulement une obligation de gratitude envers eux, mais vous instituez encore un durable enseignement pour vos fils, et pour les générations qui viendront après nous”.

“ Pour les enfants du Pays morts pour la Patrie ! ”

Sur ces plaques commémoratives, figurent les noms suivants :


SAMIER Nicolas Joseph, sapeur au 2ème régiment du Génie, mort à Péra, le 29 septembre 1854.

LENCELLE Guislain Charles, conducteur au 17ème régiment d’artillerie, mort à Kamiesch, le 14 mars 1855.

DELAHOUSSE Alphonse René François Joseph, médecin-major au 1er bataillon d’infanterie légère d’Afrique, chevalier de la Légion d’Honneur, mort à Marseille le 28 avril 1855.

HOGUET Guislain Joseph, soldat au 1er régiment de voltigeurs de la Garde, tué devant Sébastopol, le 8 septembre 1855.

DEMONT Victor Louis, sous-lieutenant au 2ème régiment de zouaves, décoré de la médaille militaire, mort au camp de Tracktir le 26 septembre 1855.

LEMAIRE Honoré Joseph, soldat au 80ème régiment de ligne, mort à l’ambulance devant Sébastopol le 1er mai 1856.

COPIN François Joseph Guislain, soldat au 26ème régiment de ligne, mort à l’ambulance de Kamiesch le 23 mai 1856.

LOUVION Charles, cavalier au 6ème régiment de lanciers, tué à Sarrebrück, le 2 août 1870.

DIDIER Jules Adolphe Jean Baptiste Octave, soldat au 15ème régiment d’artillerie, mort à Metz le 21 octobre 1870.

BOCQUILLON Omer Ferdinand Eugène, soldat au 90ème régiment de ligne, tué à Champigny le 2 décembre 1870.

CAVROIS Marcius François, soldat au bataillon de chasseurs à pied, tué à Bapaume le 2 janvier 1871.

LECAS Henri Augustin, soldat au bataillon de chasseurs à pied, tué à Bapaume le 2 janvier 1871.

CARON Henri Louis Joseph, soldat, tué en 70 ou 71.


Figurent également deux noms :

CAVROIS Adolphe Alphonse Eugène, sergent-major au 8ème bataillon des mobiles du Pas-de-Calais, mort au Havre, le 8 janvier 1877.

CHATELLE Léonce Arnoult Hippolyte, soldat au 3ème régiment de zouaves, mort à Hué (Annam), le 5 octobre 1885.

Plaque 1870

Un patriote Saint-Polois anonyme écrivit la pièce de vers suivante, adressée à Louis Bentin, auteur de la proposition concernant la plaque commémorative de 1897 :


Pour les Enfants du Pays morts pour la Patrie !

Gloire à nos conseillers ! Dans l’urne ils ont ensemble

Déposé ce souhait : Que bientôt l’on rassemble

Et grave en lettres d’or, sur un beau marbre noir,

Dans notre Hôtel de Ville, à l’entrée du couloir,

Les noms des Saint-Polois qui, dans maintes batailles,

Ont trouvé le trépas au milieu des mitrailles.

Enfin ! Tous ces soldats qu’on avait oubliés,

Auront le souvenir pour eux bien mérité

Combien sont-ils tombés pour leur chère Patrie !

En Crimée, au Mexique ou bien en Algérie ;

En Italie, en Chine, à l’assaut de Pékin ;

En France, à Bapaume, ensuite à Saint-Quentin !

Ils sont morts pour nous tous et, depuis, leur mémoire

N’a pas même été honorée d’un grimoire.

Mais bientôt nous pourrons venir, bien pieusement,

Déposer des bouquets au pied d’un monument.

Aussi, grâce à celui qui, seul, sans éloquence,

A vu de nos édiles réveiller l’indolence.

Pourtant un noble bronze eut été préféré.

Au seuil du cimetière on l’aurait érigé,

Ou bien à cette place, aujourd’hui dégarnie,

Où s’élevait jadis notre antique Mairie.

Allons, que tout Saint-Pol, sans perdre un seul moment,

Travaille à cette œuvre patriotiquement !

Qu’on forme un Comité. Que tous, à sa parole,

Dedans son escarcelle nous apportent leur obole,

Pour que, dans peu de temps, après l’exécution

De la statue, vienne l’inauguration.

(source : Abeille de la Ternoise de l'époque)



Sources :
- Photographie et notice par Paul-André Trollé, qui est l'auteur de
"Saint-Pol-sur-Ternoise au XIXème siècle" publié en 2004






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