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MÉMOIRES DE PIERRE

VIEILLE-ÉGLISE

           Population en 1911 : 1348
              Militaires morts en 1914-1918 : 42  (3,1 %)



Monument aux morts


Conflits commémorés : 
1914-1918, 1939-1945, Indochine, Algérie

Marbrier : PRUVOST (Gravelines)

Date d'inauguration : dimanche 14 août 1921

Texte de l'épitaphe :

1914-1918
Vieille-Eglise

A ses enfants morts pour la France

Monument de Vieille-Eglise

             Liste des noms inscrits au monument aux morts :

1914 :
DUWATTEZ Léon
VERCOUTRE Rémy
BRULIN Edouard
LAMBERT Ernest
CARON Albert
BURETTE Alphonse

1915 :
GILLIOT Léon
VILERS Henri
HANSCOTTE Georges
LAMPS Gilbert
LAMBERT Alfred
VARENNE Jules

1916 :
DELATTRE Léon
DIACRE Alfred
HANSCOTE Aymar

CULNART Florimond
BRUNELOT Edouard
EVRARD Paul
DELATTRE Jules
BRUNELOT Alfred
DECROIX Léon
PRUVOST Gustave

1917 :
DELGOVE Alfred
WISSOCQ Hilaire
SAINT MACHIN Auguste
EVRARD Louis
BARBIER Auguste
FRANCOIS Aimé
COUSIN Gaston
LOMBART Léon
SAILLY Henri
DRUWE Auguste
WOWE Maurice

1918 :
DEGOBERT Georges
RIGOBERT Jacques
SAILLY Marius
SAILLY Victor
LEFEBVRE Daniel
AMMEUX Paul
ADMONT Honoré
MILLOT Lucien
DURIER Lucien








1939-1945 :
DERAEDT Jules
HANSCOTTE Octave
VALQUE Lucien

1945 :
DELVINCOURT François (déporté)

1948 :
FORTEVILLE Roger, tué à Annam, Indochine.

1952 :
MILON Gilbert, disparu à bord du sous-marin Sibylle.

1956 :
WILS Charles, tué à El Milrée, Algérie.

La Croix du Pas-de-Calais rapporte l'inauguration du monument aux morts de Vieille-Eglise dans son édition du 26 août 1921

La commune de Vieille-Eglise a magnifiquement exalté la mémoire de ses 42 enfants morts pour la France. Un beau monument surmonté d’un poilu en marbre de Carrare a été élevé près de l’église. L’inauguration a eu lieu le dimanche 14 août. Le village avait revêtu pour la circonstance un air de fête qu’on ne lui avait jamais vu. Partout des drapeaux, des guirlandes tricolores ; sur le parcours du cortège, une dizaine d’arcs de triomphe, dont plusieurs très beau. La belle église ogivale, don de Melle Degrez à la commune, était pavoisée aux couleurs nationales et à celles de la Vierge. On ne se lassait pas d’admirer la fraîcheur et la délicatesse des décorations harmonisées avec style de l’édifice. la chaire surtout, toute drapée de rouge et entourée de guirlandes tricolores, se détachait sur le fond blanc de l’église.
*   *
*
Dans la matinée, une messe solennelle dut chantée à l’intention des victimes de la guerre dans la paroisse. On y remarquait, au milieu d’une foule considérable, la présence du conseil municipal, de la société des anciens combattants de Vieille-Eglise et des familles des soldats morts pour la France. M. le curé invita les assistants à féliciter les morts de la guerre, à imiter leurs vertus et à prier pour eux. Après la messe, il bénit le drapeau des anciens combattants de Vieille-Eglise qui vient de se former.
L’après-midi commença par une déception, à 1 h ½ une forte averse de pluie. Vaines appréhensions. Le ciel s’éclaircit bientôt. A l’heure fixée, le cortège peut se mettre en marche : il va de la mairie à l’étude de Me Quenelle et revient à l’église.
En tête se trouvaient les enfants des écoles, avec de petits drapeaux ou des écharpes, quelques jeunes zouaves, le fusil sur l’épaule. Puis c’est un groupe de 42 jeunes filles en blanc, avec écharpes tricolores, portant des couronnes en fleurs naturelles avec les noms des soldats morts ; une Jeanne d’Arc à cheval, représentée par la sœur d’un soldat décédé en Allemagne. ; une France en guerre entourée de soldats, une France victorieuse, une France en paix, l’Alsace et la Lorraine, un groupe nombreux d’infirmières sous la conduite de M. le docteur Lecomte en uniforme, le conseil municipal, la société des anciens combattants de 8 communes, la musique d’Oye, le clergé des paroisses voisines et enfin les familles des soldats pour la France.
Le service d’ordre était bien fait par des commissaires volontaires et par la gendarmerie d’Audruicq.
Le cortège put seul entrer à l’église. On chante quelques psaumes des premières Vèpres de l’Assomption et la Magnificat. En l’absence de M. le doyen, retenu à Audruicq par son ministère, c’est encore M. le curé qui donne le sermon. « il y aura demain 7 ans, dit-il, l’on entendit pour la première fois à Vieille-Eglise le canon de la bataille. Un bourdonnement léger, ininterrompu, mais très significatif, nous venait d’une région lointaine., d’au delà des frontières belges, des rives de la Meuse. C’était la bataille de Dinant, suivie de celle de Charleroy. Beaucoup de nos jeunes soldats, de ceux que nous pleurons aujourd’hui y assistaient. Ils y reçurent vaillamment le baptême du feu. La mort qui les guettait déjà, les épargna ce jour-là. Le premier soldat de Vielle-Eglise qui tomba au champs d’honneur fut léon Duwattez. Il fut tué à Le Sourd, dans l’Aisne, le 30 août 1914, pendant la retraite des armées françaises. A partir de ce moment, les morts se succédèrent rapidement, avec une régularité implacable, jusqu’au 8 octobre 1918. Il y en eut 6 en 1914, 6 en 1915, 10 en 1916, 11 en 1917, et 9 en 1918 ».
M. le curé montre ensuite le dimanche enlevé aux familles ; il rappelle le christianisme oubliant et consacrant ces nobles traditions. «aujourd’hui, ajoute-t-il, la gloire est au petit poilu de France. Il égale, s’il ne surpasse, les héros des siècles passés. Le voilà au-dessus de ce beau monument, immortalisé dans le marbre. Il presse sur son chœur le drapeau national, symbole de la patrie pour laquelle il va mourir. Il est encore debout et tourné vers Calais. Calais, la ville qui a été l’enjeu des dernière années de la guerre. Il semble redire le mot qui a couru tant de fois dans nos tranchées : non, ils ne passeront pas, les boches. A ses pieds sont les trophées de la victoire : un canon pris sur l’ennemi, et dans quelques jours des obus. Son nom ? me direz-vous. Le nom de ce poilu ? son nom ? Lisez-le sur le monument. Il s’appelle de 42 noms différents ; mais sous ces noms divers, c’est toujours le même soldat de France, courageux et hardi, affectueux, patient et résigné. Celui de Vieille-Eglise que vous avez connu et aimé. Ne lui ménagez pas votre admiration, il en est digne. Offrait lui des fleurs, il le mérite. Ajoutez y une prière. Il en a besoin. Et que dut haut du ciel, le dieu des combats, qui est aussi celui des victoires, accorde à tous, aux poilus encore vivants, la couronne des élus pour l’éternité.
*   *
*
M. le curé bénit ensuite le monument. M. O. Babelart fait l’appel des morts ; les enfants chantent une cantique et les discours commencent. Il y en a cinq. Ceux de M. le maire, de M. Louis Butez ; de M. Bollaert et M. Vasseur, conseillers d’arrondissement et de M. Boo, conseiller général du canton d’Audruicq.
Le dernier discours est à peine achevé que la pluie recommence. C’est encore une fausse alerte. La pluie ne tombera que deux heures plus tard, mais cette fois avec le consentement des agriculteurs.



Les autres lieux de mémoire de la commune

   - Plaque aux morts de la paroisse et statue du Sacré-Coeur. Le journal La Croix du Pas-de-Calais rapporte quelques informations sur la plaque et la statue dans son édition du 25 janvier 1920 :

A la mémoire des soldats de la paroisse morts pour la France

La plaque commémorative de nos 42 soldats morts pour la patrie, a été taillée, gravée et peinte par M. Raboteau, marbrier à Calais. Elle est arrivée le vendredi 9 janvier et a été placée dans la chapelle des Fonts-Baptismaux, juste en face de la porte d’entrée de l’église. La liste des soldats est mise sur deux colonnes. Dans la colonne de gauche, les morts des années 1914, 1915 et 1916 : 6 en 1914 ; 6 en 1915 ; 10 en 1916 ; dans la colonne de droite les morts des années 1917 et 1918 : 11 en 1917 ; et 9 en 1918. au bas du panneau, à droite, une palme en bronze d’art évoque très heureusement le souvenir consolant des récompenses éternelles promises aux soldats chrétiens. La belle statue du Sacré-Cœur, qui est offerte à notre église, en reconnaissance de la préservation de la paroisse de l’invasion allemande, a été commandée à Paris le 6 octobre 1919. Elle n’est pas arrivée.

 
     -  Stèle en souvenir de Georges MAUFFAIT (située rue du fort Bâtard, ancienne Sécherie Legrand) : Georges Mauffait résistant d'Audruicq, tué à Vieille-Eglise le 25 septembre 1944



Sources :
- Mairie de Vieille-Église
Pour les morts en Afrique du Nord : Louis Mortreux, les héros de l'oubli, 1952-1962, hommage aux militaires du département du Pas-de-Calais morts au champ d'honneur en Algérie-Tunisie-Maroc
- Site Internet Mémoires des Hommes (fichier des morts pour la France)
- Arch. dép. du Pas-de-Calais, 1 W 49554
- Photographie du monument par Thadée Szalamacha (mai 2011)

S'il vous plaît d'utiliser les informations de ce site pour un usage quelconque, merci de faire mention de vos sources



Vieille-Eglise
Liste consolidée (?)

1914 :
DUWATTEZ Léon (Léon-Joseph-Alexandre. Né le 25/03/1893 à Vieille-Eglise. 2e classe au 33e RI. MPF le 30/08/1914 (Aisne))

VERCOUTRE Rémy (Rémi-Louis-Alfred. Né le 28/09/1881 à Vieille-Eglise. Caporal au 162e RI. MPF le 10/11/1914 (Belgique))

BRULIN Edouard (Edouard-François-Fortuné. Né le 01/12/1888 à Vieille-Eglise. 2e classe au 110e RI. MPF le 17/09/1914 au bois de la Mine région de Pontavert (Aisne), disparu)

LAMBERT Ernest

CARON Albert (Albert-Victor-Léon. Né le 28/09/1892 à Vieille-Eglise. 2e classe au 110e RI. MPF le 24/09/1914 à Pontavert (Aisne))

BURETTE Alphonse

1915 :
GILLIOT Léon

VILERS Henri (Henri-Auguste. Né le 03/10/1895 à Vieille-Eglise 03/11/1895 à Oye-Plage. MPF le 13/04/1915 aux Eparges (Meuse))

HANSCOTTE Georges (Ernest-Pierre-Georges. Né le 29/06/1891 à Vieille-Eglise. 2e classe au 1er RI de zouaves de marche. MPF le 09/05/1915 à Nieuport-les-Bains (Belgique))

LAMPS Gilbert (Gilbert-Eugène-Laurent. Né le 09/07/1894 à Houplines (Nord). Caporal au 128e RI. MPF le 15/07/1915 aux tranchées de Calonne (Meuse))

LAMBERT Alfred
VARENNE Jules

1916 :
DELATTRE Léon

DIACRE Alfred (Louis-Joseph-Alfred. Né le 08/03/1891 à Vieille-Eglise. Brigadier au 73e RI. MPF le 09/03/1915 à Monthairons (Meuse), blessures de guerre)

HANSCOTE Aymar (Aymar-Eugène-Albert. Né le 25/12/1888 à Vieille-Eglise. 2e classe au 110e RI. MPF le 26/02/1916 à Verdun (Douaumont) (Meuse))

CULNART Florimond (Florimond-Emile. Né le 31/12/1880 à Saint-Omer-Capelle. 2e classe au 46e RI. MPF le 13/03/1916 à l’hôpital temporaire Fénelon de Bar-le-Duc (Meuse), blessures)

BRUNELOT Edouard (Eustache-Edouard. Né le 29/03/1871 à Oye. 2e classe au 53e RI territoriale. MPF le 24/04/1916 (Somme), maladie)

EVRARD Paul

DELATTRE Jules (Jules-Alexandre-Florimond. Né le 07/01/1879 à Vieille-Eglise. 2e classe au 208e RI. MPF le 22/07/1916 à Herleville (Somme))

BRUNELOT Alfred (Alfred-Louis. Né le 02/08/1895 à Oye. 2e classe au 4e bataillon de chasseurs à pied. MPF le 18/08/1915 (Somme))

DECROIX Léon (Léon-Paul-Joseph. Né le 20/07/1894 à Vieille-Eglise. 2e classe au 9e zouaves. MPF le 10/09/1916 à l’hôpital 20 de Lannion (Côtes du Nord), blessures)

PRUVOST Gustave

1917 :
DELGOVE Alfred
WISSOCQ Hilaire (Anatole-Hilaire-Marie. Né le 10/09/1884 à Vieille-Eglise. 2e canonnier servant au 22e régiment d’artillerie de campagne. MPF le 30/03/1917 (Marne), blessures)

SAINT MACHIN Auguste (Augustin-Jules-Benjamin. Né le 17/09/1889 à Vieille-Eglise. 2e classe au 327e RI. MPF le 20/04/1917 au plateau de Vauclerc (Aisne))

EVRARD Louis
BARBIER Auguste
FRANCOIS Aimé
COUSIN Gaston
LOMBART Léon

SAILLY Henri (Henri-Victor-Joseph. Né le 04/03/1884 à Vieille-Eglise. 2e classe au 112e RI. MPF le 09/09/1917 à Landrecourt (Meuse), blessures)

DRUWE Auguste (Auguste-Jules-Félicien. Né le 22/11/1890 à Vieille-Eglise. Caporal au 94e RI. MPF le 13/11/1917 devant Limoges (Meurthe-et-Moselle))

WOWE Maurice

1918 :
DEGOBERT Georges

RIGOBERT Jacques (Jacques-Elie-Zéphirin. Né le 26/08/1896 à Vieille-Eglise. 2e classe au 18e RI. MPF le 30/03/1918 à Domelieu (Oise), blessures)

SAILLY Marius (Marius-Joseph-Victor. Né le 08/07/1895 à Vieille-Eglise. 2e classe au 102e bataillon de chasseurs. MPF le 28/03/1918 à Hangest-en-Santerre (Somme))

SAILLY Victor (Constantin-Victor-Joseph. Né le 28/06/1886 à Vieille-Eglise. Adjudant chef au 165e RI. MPF le 19/04/1918 à l’hôpital temporaire 14 à Beauvais (Oise))

LEFEBVRE Daniel

AMMEUX Paul (Paul-Georges-Emile. Né le 20/03/1886 à Vieille-Eglise. Sergent major au 8e RI. MPF le 30/09/1918 à l’ambulance 5/1, maladie)

ADMONT Honoré (ADMOND Pierre-Alphonse-Honoré. Né le 02/02/1878 à Vieille-Eglise. 2e classe au 169e RI. MPF le 02/10/1918 aux combats de Stadeu (Belgique))

MILLOT Lucien (Lucien-Julien-Amédée. Né le 21/04/1892 à Vieille-Eglise. 2e classe au 163e RI. MPF le 08/10/1918, blessures de guerre)

DURIER Lucien (Lucien-Joseph-Florimond. Né le 15/03/1897 à Vieille-Eglise. Sapeur au 3e régiment du Génie. MPF le 28/05/1918 (Aisne), disparu)

1945 :
DELVINCOURT François-Louis-Désiré (déporté), né le 09/11/1921 à Montigny-en-Ostrevent, domicilié à Vieille-Eglise, décédé le 02/04/1945 à Vieille-Eglise de tuberculose pulmonaire bilatérale contracté en janvier 1944 alors qu’il était déporté du travail en Allemagne 

1956 :
WILS Charles-Louis, né le 9 novembre 1933, soldat de 1ère classe au 17e bataillon de chasseurs à pied, MPF le 5 juin 1956 à El-Milia (Algérie)